
La
chapelle rurale
Courreau,
Lézigneux, Montarcher,
Apinac, Salvizinet
Le Forez est piqueté de petits sanctuaires ruraux...
La chapelle a un air familier, plus encore que l'église
du village.
Une clochette au son aigrelet loge dans un modeste campanile.
La porte est entrouverte.
Elle fait bon accueil au passant.
Entrons. Le bénitier est à sec.
L'air semble presque frais au cur de l'été.
Blanchis à la chaux, les murs ressemblent à ceux
d'un bel étable.
Au sol, un plancher inégal au lieu de dures dalles du
pierre.
Le lieu, pourtant sacré, n'a rien de solennel ni de riche.
Tout y parle d'une foi naïve et forte : chandelier de bois
peint,
statue de plâtre colorié, tableautin du chemin
de croix encadré de noir.
Et le Christ porte un brin de buis.
Trois bancs ou des chaises paillées la meublent.
On y est chez soi. La madone ressemble à celle de la
maison.
Là, le saint honoré fait partie de la famille.
Marguerites ou genêts fleuris voisinent avec des fleurs
artificielles
sur l'autel pauvre mais digne.
La chapelle rappelle les clairs mois de Marie d'antan.
Et le chapelet récité par les vieilles en noir.
Un grain pour la paix, un grain pour le soldat,
un grain pour la récolte, un grain pour le malade, un
grain pour le défunt
La chapelle reste un reliquaire de la piété paysanne,
le musée vivant de la foi d'un terroir.