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les pages spéciales :


Prise
de Montbrison
(1562)



Le feu du ciel
sur le donjon



Ecole
Saint-Aubrin



1957, Montbrison
perd sa prison

Rue Saint-Aubrin en 2007

(clichés J. Barou)

Montée du Collège

Porte du collège Victor-de-Laprade

Entrée de l'ancienne école Saint-Aubrin

Vers la rue de la Providence
et le Calvaire


Soubassement des murs du château

Rue Saint-Aubrin

Rue Saint-Aubrin

Rue Saint-Aubrin

Rue Saint-Aubrin

 

Hôtel des Périchons

Hôtel des Périchons

Hôtel des Périchons
(côté cour de Victor-de-Laprade)

Conception : David Barou
textes et documentation : Joseph Barou
questions, remarques ou suggestions
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Rue Saint-Aubriin
(cliché André Bréasson)


La rue
Saint-Aubrin

et ses ombres



Elle est bien peu connue, même des Montbrisonnais, cette longue ruelle en arc de cercle qui contourne la colline par l'Est ! La rue Saint-Aubrin.


Grimpons les escaliers de la montée du Collège. Laissons à droite la belle porte de style classique qui s'ouvre sur le cloître des Ursulines (aujourd'hui collège Victor-de-Laprade). Quelques marches encore, voici la porte étroite surmontée d'une petite croix de fer de l'école Saint-Aubrin et, tout droit, les rudes escaliers qui conduisent à la rue de la Providence.

Juste en face de l'entrée de l'école commence une sombre venelle. Elle doit son nom à l'ancienne chapelle qui se trouvait avant la Révolution à l'autre bout de la rue. Les reliques du saint patron de la ville - cet évêque dont on sait si peu de choses - se trouvaient là, près de la porte dite parfois du Lion.

Un morceau de campagne au milieu de la ville

La rue s'enroule autour des restes du château des comtes qui couronnait la colline. Elle aboutit à une placette où débouche la rue des Visitandines, ex-rue des Prisons. Elle était dominée par le donjon, symbole du pouvoir, près de l'auditoire de justice et la conciergerie. Un haut lieu tout chargé d'histoire ! Pensons aux crimes du baron des Adrets. Elle était encore, plus récemment, dans le voisinage du tribunal, de la prison, de l'austère petit séminaire… Rien de très gai. Seuls les cris des enfants en récréation dans la cour de l'école voisine apportaient un peu d'animation.

Le quartier du château était au Moyen Age un lieu prisé. Un emplacement sûr. Chaque Montbrisonnais qui comptait devait posséder, disait-on, une vigne à Rigaud et une cave au Calvaire. La butte est en effet truffée de caves et de souterrains. Mais peu à peu, les habitants ont quitté la colline pour la ville basse, plus commode.

Avant la Grande Guerre, une dizaine de familles habitent une lignée de maisons appuyées aux ruines des murailles du château. Ce sont des gens modestes. Il y a quatre cultivateurs : Baroux, Coste, Fréry et Savattier. Trois journaliers : Arnaud, Dubourgnon, Bonin et un " toucheur de bestiaux ", Fréry, renforcent la physionomie très rurale du quartier. Mais où sont leurs champs ? Ajoutons Essertel, le cordonnier et la dame Gérin, ménagère. Voilà tout un côté de la rue

Une rue sans habitants

De l'autre côté, il n'y a qu'une seule maison, mais noble celle-là. Après la chapelle des Ursulines et le très haut mur qui ferme la terrasse du petit séminaire, c'est un hôtel particulier. Il a bonne allure mais tourne le dos à la rue. Les Thoynet de Bigny, seigneurs engagistes de la ville, résidaient là. Au début du 20e siècle, y vivent Mme des Périchons, rentière et Alphonse des Périchons, rentier.

Dans les années cinquante, la situation s'est encore dégradée. Il ne reste que quelques masures, des jardinets, des tas de bois. Une malheureuse vache broute l'herbe folle. Elle appartient aux derniers habitants du logis noble. Et, de temps à autre, une roulotte stationne dans la rue, bien vieillotte, en bois, au toit bombé, avec de petits volets et des poules picorant tout autour.

Aujourd'hui la rue n'a plus d'habitants. Elle est seulement peuplée de souvenirs et d'ombres. Peut-être, quand le temps est gris et l'heure tardive, celle d'un soudard du baron des Adrets, ou d'un indigent allant à l'ouvroir de la Providence ou d'un clerc sortant de la chapelle Saint-Aubrin disparue.

Et il reste bien à faire pour mettre en valeur ce cœur historique de la ville.

Joseph Barou

[la Gazette du 12 octobre 2007]

 

Album

Rue Saint-Aubrin

en 1962

(clichés André Bréasson, archives de la Diana)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Et, de temps à autre, une roulotte...