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En
ligne :
Marguerite
Fournier-Néel
Souvenirs
d'audience
Quarante ans de
présence
à la cour d'assises
de Montbrison
(1926-1966)
(format pdf, 21 p.)

Porte du quartier
des condamnés à mort
(cliché du 26-02-94, J. Barou)
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du site
Joseph Barou
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Chapelle de l'ancienne prison
(quartier des condamnés à mort),
bâtiment aujourd'hui démoli
(cliché du 26-02-94, J. Barou)
1957,
Montbrison
n'a plus de prison
Sur la colline, au
cur du vieux Montbrison, bien des lieux rappellent le long
passé judiciaire de la ville. L'auditoire de justice et sa
conciergerie ont disparu. Mais il reste l'imposant couvent des Visitandines
qui abrita après la Révolution, tribunal, gendarmerie
et prison.
Déménagement
avant la Saint-Sylvestre
Minuit, 31 décembre 1957, fermeture officielle. Le barreau
de Montbrison a protesté avec vigueur. Le maire de la ville
a menacé de démissionner. En vain ! La décision
est prise. La vieille maison d'arrêt de Montbrison disparaît,
victime de restrictions budgétaires, bien sûr. Comme
celle de Cusset, dans l'Allier.
Le 24 décembre, les 24 détenus, dont une femme,
sont transférés à Saint-Etienne.
Le 27, les gardiens démontent les châlits, secouent
les paillasses. Tout est chargé sur des camions. Une longue
histoire s'achève. Elle avait commencé à
la Révolution avec la transformation en prison du couvent
Sainte-Marie.
Dommage pour les prisonniers. Ils appréciaient, paraît-il,
l'ambiance de la maison. C'est une véritable
pension de famille confiait l'un d'eux aux C.R.S. chargés
du transfert. La prison était petite. On se connaissait
très bien. Et parfois, des liens, presque familiers, s'établissaient
entre gardiens et gardés. Est-ce pour autant une sinécure
? Certes non. Surtout pas quand le quartier des condamnés
à mort était occupé. Et que le bourreau prenait
pension dans la ville. Le 10 février
1948, neuf ans plus tôt, avaient eu lieu les dernières
exécutions : celles de Lorente et
Rodriguez.
Une prison qui coûtait
peu
Les détenus étaient occupés. Déjà
en 1904, ils confectionnaient des
paillons de bouteilles pour les liquoristes et marchands de vin
de la ville. Dans les années cinquante, trois industriels
leur fournissaient de l'ouvrage. Ils ponçaient des poupées,
montaient des jouets de plage, et avec du fil de fer fabriquaient
des paniers à salade ! En 1956,
plus de 2,5 millions de F de salaires (52 000 euros d'aujourd'hui)
avaient été versés. Près de la moitié
de cette somme revenait à l'Etat. Si bien que la prison
de Montbrison, sans être rentable
- n'exagérons pas - était parmi les rares à
ne pas avoir un budget en déficit.
Que vont devenir le gardien-chef et ses huit subordonnés
? Ils attendent un nouveau poste. Dans quelques semaines, cinq
iront à Lyon et quatre à Saint-Etienne. L'aumônier,
curé de Saint-Pierre, reçoit
une lettre de remerciement du Ministre pour les services rendus.
Et Montbrison s'inquiète.
Le tribunal est menacé. De plus on parle aussi du prochain
départ de l'Ecole normale
avec ses professeurs et 160 élèves. Que va devenir
la cité des comtes de Forez qui a déjà perdu,
cent ans plus tôt, la préfecture. Le maire André
Mascle s'inquiète. Si la centralisation continuait
nous transformerions Montbrison en cité
jardin, en ville touristique, relais gastronomique déclare-t-il.
Une simple bourgade. Ah !
Dans les semaines qui suivent la fermeture l'administration
se décide à faire des travaux dans la prison. On
installe l'eau courante dans les cellules vides ! Une équipe
de cinq détenus vient chaque jour de Saint-Etienne
avec un gardien. Ce qui incite le chroniqueur local qui signe
Jarjille à faire un
peu d'humour : Frais d'essence, frais
d'installation, frais de surveillance Ah ! on peut dire qu'on
y tend vers cette fameuse politique d'économie !
Depuis l'eau a coulé sous les ponts du Vizézy.
La cour d'assises ne siège plus à Montbrison.
Mais le tribunal est encore là. Pour longtemps encore,
espérons-le. La prison s'est reconvertie en école
de musique. Enfants et jeunes gens y font des gammes. C'est plus
gai.
Joseph Barou
Sources : presse
locale, année 1958.
Bibliographie : Claude Latta, Michel Pabiou,
" Rue des prisons ", Montbrison , imp. Cerisier, 1984.
[La Gazette
du 28 septembre 2007]

Judas de la grande porte
de la prison de Montbrison
(cliché du 26-02-94, J. Barou)
On pouvait parfois s'évader de la prison de Montbrison. L'Espoir,
en décembre 1947, relate l'arrestation
d'un prisonnier qui avait fait la belle avec trois compagnons :


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