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Ecotay 1851
Le hameau de l'Olme flambe !


"Un grand malheur a frappé hier soir un petit hameau de la banlieue de Montbrison. Le feu s'est déclaré à l'Olme, sur la route d'Ecotay à Montbrison, à 4 heures" (Journal de Montbrison du 13 juillet 1851).

Jadis le feu était très redouté, à la campagne surtout. Les fermes comportaient beaucoup de matériaux combustibles : fourrage, paille, fagots... Et l'usage de bougies, de lampes à huile et de divers lumignons à flamme nue constituait un risque réel. Au 19e siècle, les moyens de lutte contre l'incendie sont limités, l'assurance peu répandue. Un sinistre peut ruiner une famille, surtout si elle est modeste.

Le feu chez Crozet

Eté 1851 : un grave incendie détruit plusieurs maisons à l'Olme, sur la route de Montbrison à Ecotay. Tout commence le 11 juillet, vers 4 heures de l'après-midi. Chez Crozet, la maîtresse de maison allume du feu. Près de la cheminée se trouve la couchette de l'un de ses enfants. Elle sort un moment pour aller chercher de l'eau. C'est le drame. Des étincelles volent de l'âtre sur le plancher. Le feu se communique si vite qu'à son retour, le lit de l'enfant est atteint. La mère a le temps de sauver le petit. Il est néanmoins sérieusement brûlé. Attisé par le vent du nord, le feu s'étend rapidement. La maison Crozet flambe. L'incendie atteint bientôt celles des voisins : Rival, Chartois, la veuve Clavelloux.

Le hameau est presque vide, tous les habitants sont aux fenaisons. Lafond, maire d'Ecotay, arrive sur les lieux avec les premiers secours. Le voisinage manque d'eau et le hameau est en péril. Un panache de fumée se voit de Montbrison. Des renforts arrivent. Les autorités d'abord : le procureur de la République, deux adjoints au maire de Montbrison, Bournat et Rey, l'adjudant Chavassieu-d'Audebert qui commande la garde nationale, le commissaire Mouton et ses deux agents de police : Buffet et Chanut... Puis ce sont les gendarmes, des militaires de la garnison. Et, enfin, les pompiers ! Ils tirent l'une des pompes de la ville et un chariot de seaux. La rude montée de l'Olme les a retardés.

Les soldats sont les plus rapides et les plus efficaces. Ils vont au pas de gymnastique. On grimpe sur les toits pour faire la part du feu. Un sous-officier, ancien pompier de Paris, se distingue par son savoir-faire et son sang-froid... Chez les pompiers, en l'absence du capitaine, le sergent-major Chalard et le sergent Lacellery commandent. La chaîne est faite vers le ruisseau des Casernes qui passe dans la propriété Morel. L'eau des "boutasses" est aussi employée.. A 8 heures du soir l'incendie est maîtrisé mais des piquets de soldats restent en surveillance pour la nuit.

Des dégâts considérables

Les dégâts matériels sont importants. La grange Rival avec le fourrage et la cuve ont été consumées. Dans la cave, le vin est perdu. Les maisons Crozet et Chartois sont entièrement détruites, sauf les quatre murs encore debout mais tremblants. Fourrages, provisions et mobilier sont complètement brûlés. La maison de la veuve Clavelloux a aussi souffert. Ces familles n'ont pas de ressources et sont chargées d'enfants. Chartois, notamment, est aveugle et aucun de ses enfants n'est en état de travailler. Des voisins, les Barret et Berne, ont aussi des dégâts.

On déplore deux blessés. L'enfant Crozet est gravement brûlé. Un soldat a "la poitrine violemment froissée par suite de la chute d'une pièce de bois". Le militaire est soigné sur place par le docteur Rey et peut rentrer à Montbrison. Pour aider ces pauvres gens, Michel Bernard qui est conseiller municipal à Ecotay organise une souscription. Les noms des souscripteurs sont publiés dans son Journal de Montbrison. Suit un bel élan de solidarité… L'Olme, devenu le chef-lieu d'Ecotay, avait failli disparaître dans les flammes.

Joseph Barou

Pour en savoir plus : J. B., "L'incendie d'Ecotay-l'Olme (1851)", Village de Forez,
n° 89-90.

[La Gazette du 19 janvier 2007]



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