Retour à l'accueil

 
 
 



(cliché J.Barou)

Croix dite des "argnats",
souvenir des grandes épidémies
d'autrefois
(Essertines-en-Châtelneuf)

 

 

 

 

 

voir aussi
les pages spéciales :


Notre-Dame


Le cimetière
des Huguenots

 

 

 

 

Retour page accueil

Conception : David Barou
gestion du site : Joseph Barou
questions, remarques
ou suggestions

s'adresser :

 

 



(cliché J.Barou)

Croix d'Estiallet
(collégiale Notre-Dame
de Montbrison)

Délivrez-nous

de la peste !


Seigneur, délivre-nous de la peste, de la famine et de la guerre !

Ainsi priaient nos ancêtres. A Montbrison, dans le chœur de Notre-Dame, la croix dite d'Estiallet rappelle les misères du temps passé : quand la peste sévissait
.

La peste fut au cours des siècles une épouvantable calamité. De 1629
à 1632, une terrible épidémie ravage le Forez. Saint-Bonnet-le-Château, Chazelles-sur-Lyon, Saint-Galmier, Saint-Marcellin sont frappés. A Feurs, l'église est fermée et le curé dénombre 700 victimes du 17 juin au 30 septembre 1631.

A Montbrison, l'herbe pousse dans les rues. La population fuit. Les religieuses clarisses qui n'ont pas quitté leur couvent souffrent de la faim...

La croix d'Estiallet

Pour demander la fin de la peste et, à l'avenir, la protection du ciel, les habitants érigent une croix, sur la rive du Vizézy, au hameau d'Estiallet, à un quart de lieu à l'ouest de la ville. Ils font bien les choses car ce petit monument est remarquable.

La "croix des Saints" ou d'Estiallet, en grès, porte sur un fût haut de 2 m 21, six statues étagées deux par deux de saints invoqués contre les épidémies. Ce sont : Jean-Baptiste, Laurent, Catherine, Barbe, Madeleine et Pierre. Ces statues étaient peintes de couleurs vives comme en témoignent encore des traces de polychromie. Le croisillon d'origine a malheureusement été perdu. Louis Bernard datait de 1628 le monument.

Cette croix qui avait franchi sans dommage l'époque révolutionnaire fut restaurée une première fois en 1820. Elle était encore en place près de la rivière au début du 20e siècle. Renversée, en grand péril de disparaître, elle fut ensuite transportée au musée de la Diana.

Le croisillon manquant a été reconstitué par Louis Bernard. Au temps du père Jacques Court, curé de Notre-Dame, on a eu l'heureuse idée de la tirer de sa retraite. Elle est installée dans le chœur de la collégiale, à la gauche de l'autel. Un tel monument se trouve rarement dans une église. Ainsi protégée et mise en valeur, elle constitue un attrait de plus pour le bel édifice.

De nombreuses croix rappellent en Forez ces temps difficiles. Citons seulement la "croix des Argnats" entre Faury et Essertines-basses qui a été bien restaurée.

Le vœu de ville


La menace étant toujours là, après la dernière peste, celle de 1646, les habitants de Montbrison firent, comme en beaucoup d'autres lieux, un vœu solennel :

L'an 1646, et le 2e jour de juillet, fête de la Visitation de Notre-Dame, les habitants de Montbrison, par la bouche des échevins ont voué et promis à Dieu et à la Sainte-Vierge de faire annuellement et perpétuellement, à pareil jour, une procession générale en l'esglise collégiale Notre-Dame de ladite ville, laquelle procession partira de ladite église, sortira dans la ville, fera le tour des murailles et puis retournera en ladite église où sera célébrée la grand-Messe.

C'est l'origine du "Vœu de ville" qui fut plus ou moins respecté jusqu'en 1966. Il y a quelques années, la tradition a été reprise mais à une date différente, au début de l'automne. Il fallait bien qu'elle coïncide avec les festivités locales célébrant la fourme !

 

Pour en savoir plus :

Le remarquable ouvrage du père Jean Canard : Les pestes en Beaujolais, Forez, Jarez, Lyonnais du 14e au 18e siècle.

Joseph Barou

[La Gazette du 22 décembre 2006]