Conception
David Barou
textes et documentation
Joseph Barou


questions, remarques ou suggestions

s'adresser :

Forez
 


Un dolmen

près de la croix

de l'Homme-Mort ?

 

(Notes d'histoire locale)


Réunion du 10 novembre 1884
de la Diana (société historique du Forez, Montbrison)

Lors de la réunion du 10 novembre 1884, un membre de la Diana M. Gabriel Morel présente un excellent dessin fait par lui d'un groupe mégalithique existant sur le bord de la route de Montbrison à Ambert, à la limite des communes de Verrières et de Gumières, non loin de la croix dite de l'Homme-Mort.

Cet assemblage de pierres se compose de plusieurs blocs debout, soutenant une grande dalle horizontale de 2 m 70 de longueur sur 2 m 18 de largeur ; le tout offrant beaucoup de ressemblance avec un dolmen.

Une discussion suit entre les dianistes. M. Vincent Durand, secrétaire de la société d'histoire, affirme que la découverte de ce dolmen, s'il était authentique, serait très importante. Ce genre de monuments est de la plus grande rareté en Forez.

Quatre membres de la Diana sont désignés pour étudier la question. MM. Morel, de Meaux, Gonnard et Joulin iront sur les lieux. Ils essaieront d'en savoir plus en pratiquant une fouille à l'intérieur et autour du dolmen présumé.

[Tome 3, Bulletin de la Diana, 1885-1886, p. 19-20]

Réunion du 29 janvier 1885 à la Diana

La question revient à l'ordre du jour de la Diana. On y traite de dolmens présumés près de la croix de l'Homme-Mort et à Luriecq.

M. Gonnard dit que depuis la dernière séance, il a vu, avec MM. Joulin, de Meaux et Morel, le dolmen présumé dont ce dernier a présenté un dessin à la Societé. Cette première visite ne leur a pas permis de se faire une opinion bien nette sur le caractère de cet assemblage de pierres. On observe dans le voisinage beaucoup d'autres blocs de grande dimension groupés ou épars, et il y a lieu de se demander si l'on est bien en présence d'un ouvrage de la main de l'homme, ou d'un arrangement accidentel reconnaissant une cause purement géologique.

Une fouille méthodique sera nécessaire pour s'en rendre compte. La durée et la rigueur exceptionnel de l'hiver de cette année n'ont pas permis jusqu'à présent de l'entreprendre.

Le groupe mégalithique dont il s'agit s'appelle la roche des Fades ou des fées : nom remarquable, qui prouve, sinon l'authenticité du dolmen présumé, du moins l'attention que les gens du pays prêtent à l'arrangement singulier des pierres dont il se compose.

M. Vincent Durand présente à son tour des dessins d'un autre groupe mégalithique qu'il a vu, peu avant, à Luriecq, près du chemin de fer, à 700 mètres environ à l'est du clocher. Il est formé d'une énorme dalle de granit, longue de 2 m 70, large d'environ 2 m 40, épaisse de 0 m 30 en moyenne qui repose horizontalement sur trois autres dalles…
[Tome 3, Bulletin de la Diana, 1885-1886, p. 62]


Congrès archéologique de France
:
52e session tenue à Montbrison le 26 juin 1885.

Les dolmens foréziens sont évoqués par Vincent Durand qui a étudié la Pierre-Cubertelle à Luriecq.

Les dolmens y sont fort rares. Jusqu'à ces derniers temps, on ne connaissait avec une entière certitude que celui de Balbigny, aujourd'hui détruit, mais dont il reste un excellent dessin. M. Morel a signalé, près de la croix de l'Homme-mort, sur le chemin de Montbrison à Saint-Anthème, un groupe de pierre qui pourrait avoir eu la même destination.

Le rapport publié dans le Bulletin de la Diana conclut :

On ne doit qualifier qu'à bon escient de dolmen certains assemblages fortuits ou même intentionnels de grands blocs de pierre brute : il est tel abri rustique, construit de nos jours, qui pourrait être aisément rapporté par un observateur non averti à l'époque préhistorique.

Les menhirs proprement dits sont aussi assez malaisés à distinguer parmi la multitude de blocs dressés plus ou moins verticalement , que l'on rencontre dans certaines parties de nos montagnes. Les textes anciens font connaître néanmoins un certain nombre de Pierres Fittes. Le Forez est surtout riche en pierres à bassins, cavités naturelles ou artificielles appropriées à un usage religieux. M. Durand cite comme exemples les Pierres de Saint-Martin, commune de Saint-Georges-sur-Cousan et de Bussy.

[Tome 3, Bulletin de la Diana, 1885-1886, p. 206]