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mise à jour 30 octobre 2012
 



Pauvres soldats

Sept ans de service :

les pioupious ont le blues

Au 19e siècle, le service militaire est une lourde charge. Il est interminable : sept ans pour le malheureux qui a tiré un mauvais numéro ! Redoutable tombola : une chance sur deux... Rien d'étonnant si les conscrits ont le blues.

Sous les drapeaux de la Crimée aux Antilles

Les petites gens ne peuvent pas payer un remplaçant. Le paysan - ou l'artisan - perd son fils au moment où il en a le plus besoin. Le 22 janvier 1852, 6 jeunes gens d'Ecotay participent au tirage : Jean-Claude Arthaud, Philippe Boulet, Jean Chaperon, Jean-Joseph Clavelloux, Antoine Girard et Jean Pérat. Trois tirent un "billet noir" : Chaperon et Arthaud de l'Olme, Clavelloux de Quérézieux. Le 27 mars, ils reçoivent leur feuille de route. Pour la classe 1855, il n'y a que deux conscrits aptes : Jean Crépet et Jean Drutel. Ce dernier doit partir, or il est soutien de famille. Son père estropié a sept autres enfants...

Pour éviter la conscription, certains n'hésitent pas à se mutiler. Relevons deux cas en 1852. Le 2 juin, le préfet fait arrêter à Noirétable Auguste Maître, de la classe. Il s'est présenté au conseil de révision avec le pied droit mutilé. Mutilation volontaire ? Le lendemain, à Boën, Jacques Pardon arrive au conseil avec la première phalange de l'index droit - celle qui appuie sur la détente - coupée. Il est accusé de s'être volontairement blessé.

Tous ne reviennent pas de ce long service. En 1854 et 1855, la guerre de Crimée tue 95 000 soldats français, victimes du choléra ou de la mitraille russe. Les garnisons d'Outre-mer souffrent des fièvres. Le 15 juillet 1855, le maire d'Ecotay annonce à Pierre Arthaud et à son épouse Jeanne Dupin, de Quérézieux, le décès de leur fils. Le jeune Jean-Marie, canonnier dans l'artillerie de marine, était mort neuf mois avant, le 3 octobre 1854, de la fièvre jaune à l'hôpital de Basse-Terre en Guadeloupe. Le 6 mars 1856, Jean-Marie Clairet, du 10e de ligne, né à Montbrison, meurt de la typhoïde à Montpellier. Le 9 mai 1856, Jean Marcoux, caporal au 86e, décède dans un hôpital ambulant de l'armée d'Orient, d'une fièvre rémittente.

La vie du pioupiou

La vie au quartier est dure pour les jeunes conscrits surtout dans les premiers mois. Le rédacteur du Journal de Montbrison reconnaît qu'à l'arrivée à la caserne et au moment des chaleurs, il y a une grande mortalité dans les garnisons... La brusquerie des instructeurs cause des affections nostalgiques dangereuses chez les jeunes soldats.

En août 1856, la situation à la caserne de Montbrison est meilleure que d'habitude. Presque aucun décès grâce à de "sages mesures" : bon régime alimentaire et "soins paternels" du commandant. On relève pourtant cette année-là le décès de 12 soldats du 93e de ligne.

Les suicides indiquent que, dans la troupe, le moral est parfois au plus bas. Le 25 mai 1852, à Montbrison, Auguste Tissot, 22 ans, du 21e de ligne, se jette d'une fenêtre de l'hôpital dans le Vizézy : chute mortelle. Il avait été hospitalisé deux jours avant.

Le 10 août 1854, un caporal du 18e se suicide dans un taillis de Vaure, à Savigneux. Il fait partir la détente de son fusil avec son pied droit déchaussé... Le commissaire de police trouve un billet sur son cadavre Le malheureux voulait mourir. Selon les autorités il était ivre ou malade. On ne cherche pas plus. Le caporal a fini son temps.

Le 10 avril 1855, un noyé est retiré du canal des Casernes, au Bouchet, vers Ecotay : Jean-Baptiste Teulet fusilier au 93e de ligne. Le pauvre garçon a, deux jours avant, tenté de s'ouvrir les veines puis s'est placé sous une arche du béal. Il y meurt d'hydrocution. Pour les autorités militaires Teulet était dominé par un profond chagrin nostalgique.

Le 29 novembre 1857, le soldat Terris, du 18e se donne la mort. Selon la presse locale, il éprouvait un profond dégoût des obligations de la vie... Ses idées étaient inconstantes". Seul dans la caserne, il se tue avec son fusil. Le corps est déposé à l'hôpital, et, précise-t-on, sera "enseveli sans aucune espèce d'honneur funèbre. Dérisoire vengeance. Bon souvenir de Montbrison !

                                                                                                                                                                        Joseph Barou

[La Gazette, n° 312, du 8 septembre 2006]






Le 16e de ligne à Montbrison

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Le Journal de Montbrison

 

On peut se faire remplacer... en payant


"Réclame" pour une société qui fournit des remplaçants
Journal de Montbrison du 12 mars 1854

Le destin tragique d'un déserteur :

Journal de Montbrison du 25 mai 1864

 

Deux documents militaires

de Thomas Noël Clépier

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