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Une rue très champêtre
du vieux hameau de Curtieux

Ancien portail de grange

 

 

Les croix du hameau

 


 

 

 

 



 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Traces du monde rural à Curtieux

 

 

 

 

 

La chapelle de Curtieux

Belle tuile de la chapelle de Curtieux
appartenant aux collections de la Diana


De quelle chapelle s'agit-il ?
Celle au centre du hameau, près du "château"
de la famille Buer ou celle bénite en 1790
qui figure sur l'ancien plan cadastral
dit cadastre Napoléon ?

 

 

 

 

 

 



Petit square dans le vieux Curtieux

 

 

Les gorges de Curtieux

Elles ne sont guère photogéniques
nos Gorges de Curtieux ! Aucun appareil perfectionné, aucune caméra
n'a réussi à en saisir l'aspect réel,
à la fois majestueux et fragile,
ni surtout cette tendre couleur d'aurore
que Châteaubriand comparaît
à la plus belle fleur du pêcher.

Il n'y a qu'un moyen de les connaître,
c'est d'aller leur rendre visite.
La promenade est facile et compte
parmi les plus agréables à effectuer
pendant les vacances aux environs de Montbrison.

Après avoir passé l'agglomération
de Pierre-à-Chaux où les montagnards s'arrêtaient jadis pour tremper leur pain
dans une écuellée de vin, à l'auberge
de Pile-Miche (aujourd'hui propriété Brassart),
on a vite atteint le modeste hameau
de Curtieux, blotti à l'ombre de son pic ;
mais on ne se trouve pas pour autant
en face des Gorges. Il reste à les découvrir
au plus profond du vallon.


On longe un sentier bourbeux,
on traverse des terres, des prés, des vignes,
enfin un boqueteau de pins rabougris…
Et l'on regarde tout en bas. Merveille !
Voici qu'au milieu de la verdure sombre
surgit une cité de rêve ! Des minarets
et des clochetons d'argile rose…
Des dômes, des pics, des aiguilles…
un village de glaise de l'A.O.F.
éclos au pays forézien, ou un palais
des Mille et Une Nuits…

Et cela se prolonge sur des centaines
de mètres. Parfois, à la suite
d'un éboulement de la partie supérieure,
la plus découpée des Gorges, il ne reste plus
que de hautes murailles au faîte bizarrement dentelé. Elles courent sur deux
ou trois rangées parallèles
comme les coulisses d'un théâtre
de verdure. On s'attend à en voir sortir,
se tenant par la main, une cohorte
de ballerines faisant les pointes
au son de l'orchestre des rossignols

C'est vu d'en haut du sentier qui les domine,
que les Gorges de Curtieux apparaissent
dans toute leur finesse et leur légèreté.
Si l'on descend au fond du vallon,
en s'accrochant aux ronces,
on leur découvre un aspect tout différent.
On a l'impression d'être au fond d'un gouffre,
un gouffre aux parois délicatement rosées,
à la fois sombre et lumineux. Et si,
après s'être assoupi sur la mousse,
on se réveille soudain, les yeux encore pleins
de rêve, on croit être transporté
en un pays étrange, aux pieds
d'une forteresse aux murs crénelés…
château féodal ou… Krak des Chevaliers !…

Marguerite-Victor Fournier

[La Dépêche, 1953]

Les gorges de Curtieux

par
Marguerite Fournier-Néel

(format pdf)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conception
David Barou

textes et documentation
Joseph Barou


questions, remarques ou suggestions
s'adresser :

 

 


Le pic de Curtieux en automne

 

Curtieux

le dernier hameau de Montbrison

Le lieu est cité dès le 13e siècle : " Curceu " en 1215, première mention. Au fil du temps le hameau s'appelle " Curseu, Curzeu, Curciacus, Curcieu " ou encore " Curcieux " selon la carte de Cassini. Aujourd'hui on s'est fixé sur Curtieux.

Curtieux n'était pas un faubourg mais un vrai village de maisons paysannes au milieu de champs, de bois, de vignes, bref le chef-lieu d'un petit terroir à une demi-lieue du centre ville. Les maisons sont rustiques et belles, et dans les ruelles, il y a rien moins que cinq croix modestes et émouvantes. Au-delà du ruisseau Balbigneux, c'est déjà, pour quelques maisons, Champdieu. On accède à ce gros hameau par de vieux chemins, la route de Pierre-à-Chaux, le Chemin Rouge en traversant les Royats, ou le chemin des Raines en passant par Montaud.

C'était Curtieux

En 1789, suivant le registre de taille, le village compte 22 feux. Il y a un domaine appartenant à la famille Buer et 4 foyers de paysans un peu plus aisés, ceux d'Antoine Perache, Pierre Chambon, Jean Damon et Jean Rivel. Les autres habitants sont des vignerons et des journaliers portant une douzaine de noms qui sont encore bien représentés en Forez : Brunel, Chauve, Cognasse, Couturier, Duchez, Durbise, Gorand, Laurent, Palmier, Spéry, Thinet, Vial

En 1790, M. Claude-Joseph Buer, conseiller du roi, fait ériger une chapelle. Elle est bénite le 26 août 1790 par Jérôme Benoît, curé de Sainte-Madeleine et archiprêtre de Montbrison. Temps mal choisi pour bâtir un édifice religieux ! Effectivement elle sert peu de temps. Au début du 19e siècle, sur l'ancien plan cadastral dit plan Napoléon, elle figure déjà comme une ruine près du chemin qui monte vers Chanteperdrix.

Cette campagne de Montbrison appartient alors à la paroisse Sainte-Madeleine tout comme les faubourgs de la Croix et de la Madeleine. Au début du 20e siècle, peu de choses ont changé. Tous les habitants sont cultivateurs ou vignerons. Il y a 20 familles : les Chalas, Chapot, Clépier, Crozet, Faure, Fournier, Fauvin, Girard, Gorand, Goure, Mathevon, Mignon, Noël, Saulnier, Solle, Varagnat… La seule bâtisse un peu plus importante, la maison de campagne des Buer, ne peut être qualifiée de château.

Le pic et les gorges

A Curtieux, il y a un haut lieu : le pic. Et au-dessous, une curiosité géologique : les gorges… Le pic ? Mérite-t-il son nom ? Modeste éminence, aux courbes très adoucies, c'est la montagnette de Montbrison, joliment revêtue d'un taillis de feuillus. Pendant la dernière guerre, quand la sirène donnait l'alerte, les écoliers de la ville - du moins ceux de Saint-Aubrin - partaient dare-dare vers Curtieux pour échapper à un éventuel bombardement. Le bois de Curtieux devenait refuge.

Et les gorges ! Fameuses, presque mythiques. La nature a produit un long ravin étroit et profond avec des parois abruptes d'argile rouge. Ce fut le terrain d'aventures des gamins de Montbrison dans les années cinquante : Christian, Joël et les autres. Avant que la végétation ne prenne le dessus, c'était un site pittoresque mais difficile d'accès. Marguerite Fournier en a parlé avec lyrisme :

" Merveille ! Voici qu'au milieu de la verdure sombre surgit une cité de rêve ! Des minarets et des clochetons d'argile rose… Des dômes, des pics, des aiguilles… un village de glaise de l'A.O.F. éclos au pays forézien, ou un palais des Mille et Une Nuits…
(1)"

Sans doute…, avec un peu d'imagination. Hélas, aujourd'hui tout est parfaitement embroussaillé.

Les gorges aboutissent, beaucoup plus bas, à un autre lieu bien connu : "la Gandouse", la décharge publique selon le parler local. Pendant longtemps, les " gandous " y ont déposé des tombereaux puis des camions de détritus de toutes sortes. Souvent une fumée âcre s'en dégageait. Il y a le feu à la "gandouse" ! C'était assez habituel, et moins enchanteur que les gorges. Aujourd'hui il n'y a plus de "gandouse". Le vieux hameau entouré de tous côtés par des lotissements devient un simple quartier de Montbrison. Certains le regrettent un peu.

Joseph Barou


(1) Marguerite Fournier, La Tribune, 1953.

 

[la Gazette du 22 juin 2007]

Les gorges de Curtieux

 

Les gorges de Curtieux en février 1972,
clichés de Christian Levet, auteur de Lumières sur le Forez,
avec son aimable autorisation


(extrait de l'ouvrage de Félix Thiollier, Le Forez pittoresque et monumental)

*

*    *

(Almanach paaroissial de Saint-Pierre de Montbrison, 1913,
dessin signé P.R.)

 

Les gorges
(carte postale ancienne)

Pont de Curtieux
(Carte postale ancienne)

 

Hameau de Curtieux, extrait du cadastre Napoléon.

1 - Ancienne chapelle bénite en 1790.
2 - "Château" de Curtieu
3 - De l'autre côté du ruisseau Balbigneux, territoire de la commune de Champdieu.

 

Album

Curtieux en automne

Curtieux, novembre 2009
(clichés J. B.)

 

Les habitants de Curtieux avant la Grande Guerre

Les habitants de Curtieux en 1926