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"Jean fait rien"
gravure du docteur Noëlas
avec une dédicace
à l'ami Vincent Durand

(archives de la Diana)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

conception : David Barou

textes et documentation :
Joseph Barou

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mis à jour le 27 avril 2015

 

 

 
 





L'ivrogne, dessin du docteur Noëlas (1830-1888)


De cabaret en cabaret

 


Au milieu du 19e siècle, le cabaret est sans doute le principal lieu de la vie sociale tant en ville qu'à la campagne. Il a son utilité mais est aussi la cause de bien des misères. Pensons à "l'Assommoir".

Paris possède alors 25 000 débits de boissons pour un million d'habitants. Ils sont très nombreux dans les villes. En Forez, chaque village, chaque hameau possède un ou plusieurs cabarets. En 1858, la Loire compte 3 745 débits de boissons soit un pour 135 habitants. C'est énorme même si tous n'ouvrent pas chaque jour. Ces établissements sont surveillés de près par les autorités. Elles y voient des foyers possibles de subversion car on y parle volontiers politique.

En 1858, le préfet de la Loire fait fermer 24 cabarets par mesure de sûreté ou de moralité publique. L'alcoolisme fait de gros ravages. Bien des miséreux cherchent ainsi à oublier leurs peines pour un moment. L'ivresse est la cause d'accidents et de drames.


Accidents d'après boire et rixes

L'année 1851 se termine mal pour Michel Granger de Bard. Le 28 décembre 1851, il est retrouvé mort au bas du mur qui longe la rue des prisons à Montbrison. Selon le "Journal de Montbrison", Granger s'enivrait souvent : On attribue sa mort à une chute et à l'influence du froid qui l'a saisi ensuite.

A Boën, le 5 juin 1853, un vieux pochard passe sous une voiture hippomobile. Jean-Claude Chenavat, âgé de 78 ans, a les deux jambes brisées. Il devra être amputé.

Le dimanche 7 janvier 1856, Benoît Rival, de Lézigneux, est retrouvé gisant dans une flaque d'eau, sur la route de Moingt, près de la maison Sirvanton. Il paraît que ce vieillard, âgé de 78 ans, était en état d'ivresse, et qu'il a trouvé la mort en tombant dans cette mare, où il y avait tout au plus 12 à 15 centimètres d'eau vaseuse.

Parfois une querelle d'après boire entraîne une rixe qui tourne mal. Bagarre le 2 octobre 1858, à 11 heures du soir, dans le cabaret du nommé Roux, de Lézigneux. Pour un motif futile, Philippe Devant, de Lavieu, âgé de 57 ans, frappe Michel Granger de deux coups de couteau. Il y a mort d'homme. Le 11 décembre 1858, la cour d'assises de la Loire condamne le meurtrier à 6 ans de réclusion.


Refus d'obtempérer au garde-champêtre

Un arrêté préfectoral du 6 octobre 1851 interdit à tous cafetiers ou cabaretiers de tenir ouverts leurs établissements et d'y donner à boire après neuf heures du soir, du 1er octobre au 31 mars. Le règlement n'est pas toujours respecté. Parfois on s'en moque tout à fait.

Louise Joannin, veuve Bayle, tient un cabaret à Ecotay. Le 7 janvier 1855, à 9 heures et demie du soir, Jean Champandard, le garde-champêtre du village, ordonne aux clients de quitter les lieux. Ostensiblement, Antoine Cognasse, meunier, Philippe Granger, cultivateur, Jean Chaperon, fils de Jean-Marie, cultivateur, Guillaume-Clair Poirier, domestique et Jean-Claude Peyrat continuent à boire. Et la cabaretière à les servir.

Bafoué dans son autorité, le garde rédige un procès-verbal et se retire dignement. Deux semaines après, à l'audience du 20 janvier, le tribunal de simple police de Montbrison condamne la veuve Bayle à 1 franc d'amende pour "fermeture tardive" et Cognasse, Granger, Poirier et Peyrat également à 1 franc d'amende chacun "pour avoir refusé de sortir à l'injonction du garde-champêtre". La loi c'est la loi...

Joseph Barou

Source : presse locale du XIXe siècle.

[La Gazette du 9 février 2007]

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Tragique fait divers

peut-être à cause de l'ivresse

Journal de Montbrison du 3 janvier 1835


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Le cabaret, un lieu surveillé

Plainte contre un établissement

de la rue de Moingt (1) en 1843

Journal de Montbrison du 21 octobre 1843

(1) Actuelle rue Marguerite-Fournier, à Montbrison.