Violences villageoises dans les monts du Forez

à la fin du règne de Louis XIV

Le cadre de cette étude est la châtellenie de Châtelneuf dont le chef-lieu était le château de Fraisse. Sa juridiction s'étendait sur les paroisses de Châtelneuf, Saint-Bonnet-Courreau (sauf quelques hameaux situés à l'est), Lérigneux, Roche et Essertines, le hameau de Contéol pris sur Bard et enfin une part de Saint-Georges-en-Couzan. Pour les confins vers l'Auvergne, la "Montagne" allait du rif de Chorsin au nord à la Trézaillette au sud. En 1771, Châtelneuf est réuni à la châtellenie de Montbrison. Il s'agit d'un territoire assez représentatif des monts du Forez, avec des hameaux disséminés, des villages et un gros bourg : Saint-Bonnet-le-Courreau. Montbrison, et Boën sont les villes les plus voisines.


Châtelneuf selon l'Armorial

de Guillaume Revel

À la fin du règne de Louis XIV, le royaume de France vit une période assez sombre avec des guerres ruineuses et des aléas climatiques qui causent une situation économique désastreuse et des disettes. En Forez l'année 1694 est particulièrement dure (1) ainsi que 1709, l'année de "la grande famine" (2). Les cours de la grenette de Montbrison traduisent ces difficultés (3).

Le fonds Thevet (4) permet de relever quelques aspects de la vie des habitants de la châtellenie au cours de cette période. Cette famille de notaires de Roche a fourni des officiers à la châtellenie. Ses archives comportent un certain nombre de pièces concernant cette juridiction : 245 actes datés de 1687 à 1715, soit environ 30 années. Ces documents portent sur de nombreux litiges de la vie courante. Le capitaine-châtelain est le premier officier de justice auquel s'adressent les justiciables. Après cette première instance, suivant la gravité des faits, l'affaire est portée au bailliage.
Par grandes catégories nous relevons :

- 106 jugements, sentences, ordonnances ;
- 48 plaintes, informations, procédures, instances ;
- 15 exploits, assignations ;
- 21 nominations de tuteurs ;
- 13 inventaires.

Dans cette masse de documents se trouve une dizaine de cas de violences qui nous paraissent assez significatifs. Leur gravité est très variable allant de la simple imprudence à la tentative d'assassinat en passant par les injures, coups et blessures. Relevons quelques affaires significatives.

Quelques cas significatifs

En ramenant les vaches de la montagne de Bazanne (5)


Le 6 octobre 1694, Estienne Grobière, domestique de Jean Durand, laboureur du Bouchet, paroisse de Roche, se présente devant le juge capitaine-châtelain de la châtellenie royale de Châtelneuf, M. Joseph Mathieu Henrys d'Aubigny (6), seigneur de Chavassieu (Lérigneux). Il déclare que :

Venant sur les quatre heures du soir de mener paistre les bestiaux de son maître dans la montaigne de Bazanne et passant dans le chemin appellé le chemin Rumieux pour retirer lesdits bestiaux dans le jas appellé de Pivadan appartenant audit Durand, quelques unes des vaches du troupeau qu'il conduisait avec Jean Durand se seraient échappé du chemin et seraient entrés dans un pasquier appelé les Saignes joignant au susdit chemin, despendant du domaine de Genestou.


Le plaignant a fait, dit-il, son possible pour les faire sortir de là, mais c'était difficile car le domaine n'est pas clos. Alors survient Mathieu Chalas, le fermier du domaine tout en colère, en criant et blasphémant le saint nom de Dieu, disant : pourquoi laisses-tu aller ton bestail dans nos pasquiers et en mesme temps se seroit jetté sur luy à coups de baston…

Étienne Gourbière est frappé dessus le bras droit et blessé en trois endroits dont il y a grande contuzion et blessé à la tête à playe ouverte…

Jean Durand s'enfuit. Tout ensanglanté lui aussi il arrive à six heures du soir chez Pierre Marut, maître chirurgien à Roche, pour se faire soigner. Son domestique s'en va porter plainte.

Cinq témoins sont entendus. Il s'agit de trois laboureurs de Roche : Estienne Chavanis, de la Fougère, Mathieu et Claude Durand du Bouchet et de deux bergères qui gardaient leurs brebis : Marguerite Prudhomme, au service de Georges Griot et Marie Durand, fille de Mathieu Durand.

Tous confirment l'absence de clôture et que Gourbière et son maître ont été frappés à coup de bâton alors qu'ils demandaient pardon pour cette intrusion de leurs animaux. Un certificat du chirurgien confirme les blessures.

L'affaire paraît claire. Le juge décrète que l'information soit transmise au procureur du roi et qu'il y ait prise de corps à l'encontre de Mathieu Chalas. Ses biens ne pouvant être saisis, le fermier irascible est appréhendé.

Violences au bord du Vizézy (7)

La Guillanche, paroisse d'Essertines-en-Châtelneuf, le 22 septembre 1695. Sur les trois ou quatre heures de l'après-midi, Jeanne Vial, femme de Georges Jouanin, charpentier du village de la Guillanche revient de son moulin. Elle est accompagnée de sa fille Catherine Jouanin.

Alors que les deux femmes arrivent à la Guillanche, sur le chemin en dessous du jardin, elles sont vivement prises à partie par Georges et Jeanne Pignen, sans doute le frère et la sœur. Les agresseurs se jettent sur la mère et la terrassent. La jeune Catherine essaie en vain de les séparer.

Alors Anthoine Archimbaud sort d'une grange toute proche. C'est le mari de Jeanne Pignen. Il était en train de battre du seigle et tient encore son fléau à la main. Loin de calmer les choses, il se mêle à la bagarre. Il se précipite sur Jeanne Vial lui mettant les deux genoux sur l'estomacq et une main au gozier pour l'estrangler. Il l'aurait sans doute fait si Catherine n'avait crié au secours.

Pour achever la besogne, Jeanne Pignen lui donne divers coups entre autres un à la tête dont grosse effuzion de sang est sortie. Les voisins sortent. Mais trop tardivement. La mère et la fille sont presque mortes sur la plasse. Il y a eu à cause des coups grande effuzion de sang. Jeanne Vial en a même par la bouche regorgé une quantité extraordinaire.

La mère et la fille portent plainte devant le juge et capitaine-châtelain de la châtellenie qui prend acte. Il entame une information contre les agresseurs. Un rapport sur les blessures des plaignantes est demandé au sieur Gantin, maître chirurgien juré de Montbrison.

L'information est presque aussitôt ouverte. Trois témoins assignés par l'huissier Dutroncy, comparaissent. Ils prêtent serment la main levée à Dieu et assurent qu'ils ne sont ni parents, ennemis, domestiques ni redevables des parties en présence.

Le premier témoin est Perrine Janois, 35 ans, veuve d'Anthoine Fouin, laboureur de la Guillanche. Au moment des faits, elle allait quérir du bois et se trouvait dans la pente au-dessus des maisons du hameau. De là elle ouït du bruit et des femmes qui criaient alarme secours. Elle a reconnu les agresseurs mais ne sait pas précisément par qui les victimes ont été frappées.

Marie Fournier, 30 ans, est servante chez le granger de la Guillanche. Quand l'incident éclate, elle était dans la maison, occupée à porter des pois [à] sécher au grenier. Étant dans l'escalier elle aussi a entendu les femmes crier : alarme secours, Georges Pignen et Anthoine Archimbaud m'assomment. Et la voix d'un homme qui disait : allons, allons. Elle prévient sa maîtresse pour lui demander de les secourir. La maîtresse sort et en revenant confirme que les agresseurs sont Georges et Jeanne Pignen et Anthoine Archimbaud. Elle dit aussi avoir entendu, en plusieurs autres rencontres, les agresseurs proférer des menaces à l'encontre de Jeanne Vial et sa fille.

Le dernier témoin est Claude, sans nom patronymique, un garçon de 15 ans habitant du hameau. Il dit qu'il était absent du village mais qu'il sait bien que les accusés étaient en colère contre les deux femmes. Quinze jours plus tôt, il a vu les plaignantes se faire battre et maltraiter alors qu'elles étaient près de leur moulin où elles avaient dû se fermer pour leur échapper.

L'agression était, semble-t-il préméditée. Voies de fait avec blessures sérieuses, c'est presque un assassinat. Quel a été la cause de cette inimitié durable qui s'est transformée en grande violence ? Nous n'en savons rien. L'affaire s'arrête là pour la juridiction locale de Châtelneuf. Cette première enquête faite, M. Henrys transmet l'affaire au procureur du roi. D'autres juges prennent alors les choses en main.

Bagarre à coups de fléau et de faucille à Trécisse (8)

Le 2 octobre 1698, Me Joseph Mathieu Henrys, capitaine châtelain, juge ordinaire et lieutenant civil et criminel de la châtellenie de Châtenelneuf reçoit la visite, à 5 heures du soir, en son hostel de Chavassieu d'Estiennette Néel, fille de Jean Chanal Néel, laboureur de Loibe, paroisse de Saint-Bonnet-le-Courreau.

Étiennette déclare que son père a été battu et maltraité à Trécisse, un hameau de Saint-Bonnet-le-Courreau, le matin même. Blessé, il s'est fait transporter chez Pierre Marut, maître chirurgien à Roche pour être panser et médicamenter. Il ne peut se déplacer. Elle demande donc que le juge se rende auprès de lui pour entendre sa plainte. C'est ce que fait aussitôt M. Henrys en compagnie de Thevet, son greffier, et de Pierre Ras, huissier.

Au bourg de Roche, ils se rendent chez Pierre Marut. À l'étage de la maison du chirurgien, au-dessus de la cuisine, se trouve le blessé, un homme de 60 ans environ. Jean Chanal Néel, est alité, gravement blessé. Il porte une large plaie à la tête et souffre de multiples contusions au dos, à un bras et à une jambe.

Il accuse tous les membres de la famille Arnaud, de Trécisse : Jean Arnaud, son fils Pierre, le valet ainsi que des femmes et filles de la maison.

Le capitaine châtelain recueille la plainte et, dès le lendemain 3 octobre, entend les témoins. Ils sont au nombre de sept, tous habitants de Trécisse : Michel Dupuy, Mathieu Desmier et son fils Jean, Anthoinette Simon femme de Laurent Gorand, André Gorand fils de Laurent Gorand, Jean Cogniassy et Pierre Orizet.

Avec leurs témoignages, il est possible de reconstituer les faits. Tout s'est passé au petit jour, vers sept heures du matin. Jean Chanal Néel s'est rendu de Loibe à Trécisse pour y battre des gerbes qu'il garde dans une grange de ce hameau. Sa fille Étiennette l'accompagne en conduisant un petit troupeau : deux vaches, une brave (9), un mulet et une ânesse. Ce bétail va paître dans un pré voisin de la grange, appelé "le pré des Mures". Il a été vendu à Jean Chanal Néel en 1692 mais il y a eu une contestation. Elle a été réglée en 1696, deux ans plus tôt, par une sentence du capitaine châtelain pourtant l'affaire n'est pas close. Et ce pré, semble-t-il, est alternativement exploité par Jean Arnaud et par lui-même, une année l'un, la suivante l'autre.

Jean Arnaud aperçoit les bêtes de Chanal Néel paissant dans le pré des Mures. Armé d'une "esguillié" (10), il s'y rend pour les chasser. Étiennette qui surveille les animaux est grimpée dans un arbre. Elle s'occupe à couper des rameaux feuillés qui serviront de fourrage d'appoint pendant l'hiver. Une altercation suit qui dégénère vite.

Jean Chanal sort de la grange et s'arme de deux cailloux. Il les jette à Arnaud qui en reçoit un à l'épaule. Il crie à sa fille de descendre de l'arbre et de se munir de pierres. Côté Arnaud, Pierre, le fils cadet de Jean, et le valet, Jean Ché, arrivent à la rescousse. Jean est armé d'une serpe ou volame (11) , le valet d'un escoussoux (12) . Viennent encore les "femmes et filles de la maison" : Marie Durand, la belle-fille, et Catherine Arnaud, toutes deux tenant des pierres.

Jean Chanal est frappé à coups de fléau, d'aiguillon et de pierres. Pierre Arnaud blesse à mort l'ânesse d'un coup de faucille sur le dos. Jean Chanal est gravement blessé à la tête. Il se plaint d'avoir le bras cassé. Le chirurgien de Roche constate une large plaie à l'occipital, des contusions au dos, au bras et à la jambe. La guérison sera longue vu l'avancement de son âge. Il a 60 ans, l'âge d'un vieillard au XVIIe siècle.

Pour cette bagarre spontanée qui oppose deux familles qui ont un contentieux, les torts semblent partagés. Les blessures sont sérieuses, chacun ayant utilisé comme armes ce qui lui tombait sous la main : pierres, aiguillon et des outils redoutables : fléau et faucille. Cette instruction faite, M. Henrys la transmet au substitut du procureur du roi de Montbrison.

Un malheureux coup de fusil (13)

Châtelneuf, samedi 17 septembre 1699. Messire Claude Dubruc (14) sort de la cure de Châtelneuf vers deux heures de l'après-midi. Ce prêtre de trente ans est le curé de la paroisse. Le matin, il a dit la messe dans la petite église au pied des ruines du château. Il a appris que son oncle, qui est curé de Saint-Georges-en-Couzan, et qui se nomme aussi Claude Dubruc (15), doit lui rendre visite. Comme il souhaite l'honorer, il se met en chasse avec son fusil et son chien pour tâcher de tuer quelque grive pour régaler son dit oncle. Ses pas le dirigent vers Saint-Bonnet-le-Courreau.

L'église de Châtelneuf
(dessin de Félix Thiollier,
Forez Pittoresque et Monumental
)

Pas de gibier mais son attention est attirée par un rapace, une aigle, dit-il. Il suit un moment le vol du rapace. Arrivé au bois appelé la Goutte de Plagnieu, au-dessus du village de Chavanne, il entend une grive qui crie au sommet d'un arbre fort épais. Croyant que c'estoit l'aigle qu'il avoit poursuivi qui l'avoit prise et la faisoit crier et croyant voir les ailes de la dite aigle qui battoient, il tire son coup de fusil. Il court ensuite au pied de l'arbre s'imaginant de voir tomber ladite aigle.

Grande est sa surprise quand il voit un jeune homme descendre de l'arbre en tenant une grive vivante. Il comprend sa méprise. Il a tiré sur Mathieu Forestier qui, au faîte d'un alisier, relevait une grise prise dans un lacet de crin. Le garçon est blessé au bras droit et perd son sang.

Consterné, Claude Dubruc aide le blessé. Il l'accompagne jusqu'à la lisière du bois. Puis voyant qu'il pouvait marcher seul, il prend les devants pour chercher des secours en la personne de Nicolas de Beauvais, chirurgien et pharmacien de Saint-Bonnet. Le blessé arrive au village. Maître Beauvais qui l'attendait le fait mettre dans un lit et panse ses blessures. Il a reçu trois plombs au bas de la poitrine et un dans la main droite. Le curé de Châtelneuf, très fâché de l'accident, promet de satisfaire à tous les frais jusqu'à parfaite guérison.

Simple accident de chasse, l'affaire peut en rester là. Cependant, à la requête de Mathieu Forestier, une information est ouverte. Le curé Dubruc comparaît le 19 octobre 1699 devant Henrys d'Aubigny, juge et capitaine châtelain de Châtelneuf dans l'auditoire de Saint-Bonnet-le-Courreau.

L'interrogatoire du prêtre apporte quelques précisions. Le juge s'étonne de voir un ecclésiastique porter un fusil et chasser. Claude Dubruc répond qu'il n'a aucune compagnie car il habite Châtelneuf où il n'y a que son église et sa cure. Le château voisin est ruiné et, un peu en contrebas, se trouve le hameau de Fraisse. Les temps étant peu sûrs, il a un chien pour garder sa maison. De plus il a obtenu de Monseigneur le comte de Verdun lieutenant du roi pour la province de Forez la permission de porter le fusil et de chasser pour se délasser et lui servir de récréation après avoir fait ses offices et employé une partie du temps à l'étude. Claude Dubruc confirme qu'il n'avait pas vu le garçon dans l'arbre et qu'il s'agit d'un accident malheureux.

Il se trouve que le blessé est le jeune frère de Pierre Forestier (16), prêtre et vicaire à Saint-Bonnet-le-Courreau . Curieusement le juge demande si le curé de Châtelneuf n'a pas eu quelque querelle avec son confrère de Saint-Bonnet ou avec ses deux frères Jean et Mathieu. Claude Dubruc répond que non et qu'il est même bon ami avec lui.

Le juge demande encore si Mathieu Forestier s'est plaint qu'on lui eût tiré le coup de fusil malicieusement. Le curé répond que devant témoins, le blessé a reconnu plusieurs fois qu'il l'avait fait innocemment et qu'il le pardonnait quand bien même il viendrait à mourir. Ce coup de fusil trahirait-il une hostilité déguisée ?

Les témoins sont au nombre de huit. Aucun n'a vu les faits mais plusieurs assurent qu'il s'agit d'un simple accident.

Maître Jean Forestier, notaire royal à Saint-Bonnet-le-Courreau, a vu le curé de Châtelneuf avec la victime chez le chirurgien. Il assure qu'il paraissait très fâché de ce qui était arrivé et assurait qu'il paierait tout ce qui faudrait.

Jean Forestier, 20 ans, laboureur du bourg de Saint-Bonnet était avec son frère Mathieu. Ils chargeaient du bois dans un char tout près des lieux. Ils ont entendu le coup de feu mais n'ont pu voir qui avait été touché.

Demoiselle Jeanne Jacquette, 23 ans, parente d'Anthoine Jacquette (17), curé de Saint-Bonnet-le-Courreau, rapporte qu'elle a rencontré Claude Dubruc et l'a vu fondre en larmes à cause de l'accident qui est survenu. Elle est aussi allée chez le chirurgien et confirme avoir entendu plusieurs fois Mathieu Forestier dire que le coup de fusil avait été tiré par mégarde et qu'il pardonnait à Claude Dubruc.

Marie Meyminsat , 45 ans, femme de Nicolas de Beauvais, chirurgien du bourg de Saint-Bonnet a vu dans sa maison le curé de Châtelneuf versant des larmes abondamment et témoignant le dernier chagrin de l'accident.

Louise Jay, 20 ans, fille de Mathieu Jay, gardait ses brebis près de Chavanne. Elle a vu passer Mathieu Forestier qui se plaignait d'avoir été blessé par un coup de fusil tiré innocemment et par mégarde sans préciser par qui.

Jeanne Martin, 32 ans, veuve de Claude Gonnard, du bourg de Saint-Bonnet, conduisait aussi ses chèvres près de Chavanne. Elle a vu Mathieu Forestier avec sa main ensanglantée.

Marguerite Du Sapt, 16 ou 17 ans, fille d'Anthoine Du Sapt, de Chavanne gardait le bétail près du bois de la Garde. Elle a aussi vu le blessé qui ne lui a rien dit.

Enfin Pierre Chambon, valet d'Anthoine Durand de Chavanne était dans la maison de son maître. Occupé à chauffer le four pour cuire le pain, il n'est pas sorti quand il a entendu le coup de feu.

Claude Dubruc obtient le désistement de Mathieu Forestier, par un acte passé devant Forestier, notaire à Saint-Bonnet, le jour même de l'interrogatoire. Il paraît bénéficier d'importantes protections. Deux de ses confrères sont présents : Simon Pactier, docteur en théologie, curé de Saint-Pierre de Montbrison et Anthoine Jacquette, curé de Saint-Bonnet-le-Courreau. Le premier, titulaire d'une vieille paroisse de la ville représente la hiérarchie, le deuxième est le curé de la paroisse de la victime.

Finalement, Rival, substitut du procureur du roi reconnaît que Pierre Dubruc a blessé Mathieu Forestier par mégarde et innocemment en croyant tirer une aigle ou milan. Comme, suivant le rapport du chirurgien, les blessures sont légères et attendu la qualité du sieur Dubruc, il conclut à un ajournement.

S'agissait-il vraiment d'un accident ? Rien ne semble mettre en cause, en effet, la sincérité du curé de Châtelneuf. Pourquoi la victime a-t-elle voulu porter plainte après avoir, semble-t-il, vraiment pardonné cette grave maladresse ? Quel rôle a eu Pierre Forestier, le vicaire de Saint-Bonnet, frère de Mathieu ? Il s'agit probablement d'une question d'intérêt : obtenir quelques livres de dommages… À moins qu'il y ait d'autres éléments passés sous silence par les uns et les autres.

Une chandelle allumée trop tôt au cabaret de Jean Chavanis
(18)

26 juillet 1706. Michel et Antoine Carton, sont deux frères, laboureurs du village de Chavanne, à Saint-Bonnet-le-Courreau. Ils s'entendent très bien. Et ce dimanche de la fin juillet, Antoine, après vêpres, invite son frère à boire à cause de l'amitié qu'ils ont l'un pour l'autre. Ils se rendent chez Georges Chavanis, un tisserand qui est aussi "hoste" au bourg de Saint-Bonnet-le-Courreau.

Les deux frères vident quelques pots. Ils restent à souper et s'attardent au cabaret jusqu'à nuit close. Arrive le moment de se retirer. Le cabaretier fait le compte : 9 sols 9 deniers. C'est Antoine qui paie. Il "jette" sur la table 9 sols 6 deniers. Il manque 3 deniers.

Une vive querelle commence. Jean Chavanis réclame son dû, arguant de ce qu'une chandelle a été allumée et a augmenté la dépense. Antoine refuse de compléter la somme et souffle la chandelle "par malice". Des mots on passe vite aux coups.

Antoine Carton aurait saisi un objet en bois, "un pilier" et aurait frappé Jean Chavanis "au col par derrière". Le patron du cabaret aurait alors pris Antoine par les cheveux et l'aurait frappé au visage avec un chandelier entraînant un saignement de nez. La vue du sang attise la colère des uns et des autres. Antoine Chavanis reçoit l'aide de sa femme, d'un compagnon tisserand et d'un apprenti. Michel Carton est frappé au front avec un pot de terre "qui était sur la table". Les deux frères Carton sont rossés à coups de pied et de poing puis jetés dehors sans façon.

Le lendemain, les frères Carton se rendent à Chavassieu, paroisse de Lérigneux, pour porter plainte devant le sieur Henrys, juge capitaine châtelain. Qui a commencé ? Le juge entend, bien sûr, deux versions.

Les Cartons assurent que le cabaretier de Saint-Bonnet est accoutumé à de semblables violences. Georges Chavanis qui comparaît devant M. Henrys le jour même au bourg de Saint-Bonnet-le-Courreau prétend avoir été maltraité. Lui aussi porte plainte pour violences contre les deux clients mauvais payeurs. Le motif est futile : l'action de l'alcool a été déterminante, en plus sans doute, de vieilles inimitiés.

À Saint-Bonnet-le-Courreau, un dimanche après les vêpres
(19)

L'affaire de l'été 1707 oppose deux notables du bourg de Saint-Bonnet-le-Courreau. Dame Françoise Valézy, veuve de Pierre Rival (20), écuyer, s'oppose à Me Balthazard Desmier, praticien de Saint-Bonnet-le-Courreau, ancien notaire et commissaire à terrier.

Écoutons la plaignante. Le dernier dimanche d'août, au bourg de Saint-Bonnet-le-Courreau, à la sortie des vêpres, étant à l'entrée de la cour de sa maison, elle a été attaquée par Balthazard Desmier. Il lui a dit plusieurs jurons atroces, la traitant de bougresse, putain, chienne et lui disant qu'elle avait fait un bastard, lequel elle avait jeté dans un étang.

Françoise Valézy répond à ces insultes. Desmier essaie de force d'entrer dans la cour. Anthoinette Valézy, la servante de Françoise, s'interpose mais en vain. Desmier saisit une pierre et frappe Françoise plusieurs fois à la tête. Elle tombe à terre et reçoit encore quelques coups de pied. Sans l'assistance de voisins qui accourent au bruit il l'aurait laissée sur la place.

Le 3 août la servante se rend à Montbrison pour porter plainte. Dès le lendemain l'affaire est instruite. Au bourg de Saint-Bonnet-le-Courreau, le 4 août 1707 Anthoine de La Valette, avocat en parlement et vice-gérant de la châtellenie de Châtelneuf, fait comparaître les témoins.

Ils sont dix et beaucoup apportent quelques détails sur la confrontation qui a eu lieu sur la voie publique.
Émerancienne, 25 ans, femme de Pierre Arnaud, laboureur au bourg, a vu les plaignantes prendre une pierre pour la jeter à Desmier qui jurait et blasphémait, disant qu'il voulait la tirer de sa maison avec un bechu (21).

Pierre Arnaud, 42 ans, laboureur au bourg a entendu la servante être traitée de bastarde.

Marie Meyminsat, environ 60 ans, veuve de Nicolas de Beauvais, chirurgien à Saint-Bonnet, les a vus se jeter des pierres de part et d'autre.

Anthoine Monchaud, 70 ans, laboureur de Bucherolles dit que Desmier menaçait de casser les vitres et traitait Françoise Valézy de bougresse, ivrognie[sse], putain… Un certain moment, Françoise tenait Desmier par la cravatte. Peu après la dame est par terre et crie au secours alors que la servante jette des pierres.

Pierre Orizet, 40 ans, laboureur à Bucherolles, n'a vu rien de plus.

Barthélemy Orizet, 30 ans, de Bucherolles a entendu Desmier la menaçant de la passer dehors et de la traîner avec un bechu.

Antoine Dumas, 55 ans, de Bucherolles se souvient que des pierres ont été jetées mais qu'il y avait quantité de gens qui l'empêchaient de bien voir.

Joseph Bouebieu, 30 ans, de Bucherolles, a vu Desmier sortir du cabaret de la veuve Lagoutte et se quereller avec la servante. Celle-ci a pris une pierre qu'elle a jetée a Desmier qui n'a pas été touché. C'était après vêpres mais Me Desmier avait apparemment prié au cabaret.

Bonnet Chavani(s), 50 ans, de Bucherolles, a vu Françoise Valézy gisant au sol.

Et Jean Moulhaud, 26 ans, de Bucherolles, précise que c'est à cause d'un coup de poing reçu à la tête…

Noël Berger, 48 ans, de Chavanne, a attendu Desmier la traiter de garce et l'a vu frapper avec une pierre.
Dame Françoise Valézy veuve Rival s'alite chez elle et fait appeler Claude Blanchard, maître chirurgien juré à Montbrison. Il la visite et écrit son rapport. Elle souffre d'une plaie ouverte sur le pariétal de la longueur d'un doigt et demi et de la profondeur d'un demi doigt… plaie qui ne pourra être guérie que dans une quinzaine de jours. À son avis, cette plaie peut avoir été faite par des coups contondants comme bâton et autres instruments semblables ou pierres.

L'affaire est sérieuse : injures publiques, blessures graves. L'ordre public a été troublé, les protagonistes sont des notables. Le 5 août, M. de la Valette ordonne :

Desmier sera conduit sous bonne et sûre garde aux prisons de Montbrison attendu qu'il n'y en a aucun[e] autre plus prochain[e], attendu qu'il n'y en a aucun[e] en état dans la châtellenie… enjoint au concierge de le recevoir moyennant salaire…

Nous ne savons pas la cause de l'affaire ni comment elle s'est conclue. Plusieurs remarques viennent à l'esprit. La violence n'est pas l'apanage de paysans ignorants. Ici, elle concerne des notables, gens de loi proches de la petite noblesse qui parlent crûment et agissent avec brutalité. Cet éclat n'était probablement qu'une manifestation de haines anciennes et tenaces.

Guet-apens sur le chemin de Saint-Bonnet-le-Courreau
(22)

Montbrison, 15 novembre 1711, Jean Vernet, laboureur de Saint-Bonnet-le-Courreau porte plainte devant Jean Duperey, conseiller du roi et vice-gérant de la châtellenie de Châtelneuf. De vieilles haines ressurgissent. Sa déclaration est circonstanciée. Il affirme que le jour de la fête de saint Simon (28 octobre), Jean Rolland, fils d'autre Jean Rolland, un laboureur de Fraisse, a tué son chien d'un propos délibéré, sans qu'il lui fit aucun mal… en attendant assure Jean Vernet que ledit Rolland fils trouveroit occasion de lui en faire autant. Jean Vernet est persuadé qu'il est menacé de mort. Et il indique pour quel motif :

[Cela] provient d'une haine secrète que le père et fils Rolland ont contre lui au sujet de la sentence qu'il a obtenu au bailliage de Forez contre ledit Rolland père pour la restitution de la dot qu'il a reçu du suppliant [Jean Vernet].

Il s'agit donc d'une première vengeance. Une autre va suivre. Quinze jours plus tard, le 14 novembre, ayant appris que Jean Vernet s'était rendu à Montbrison pour livrer du bois de chauffage au conseiller Staron, Jean Rolland fils lui a tendu un guet-apens.

Il serait allé sur le grand chemin de Courreau à Montbrison dans un petit bouquet de bois avec un fusil chargé pour l'attendre alors qu'il s'en retournait en compagnie d'un voisin qui était venu lui aussi livrer du bois. Et environ les cinq heures du soir il auroit tiré un coup de fusil chargé à balle croyant de tuer Vernet. Il se trouva heureusement que le coup toucha une vache de l'attelage qui fut grièvement blessée.
Aussitôt le coup tiré, Jean Rolland s'enfuit par les vallons. Selon le plaignant il s'agit d'un gué a pan qui mérite punition corporelle.

Le vice-gérant de la châtellenie ordonne l'arrestation de Jean Rolland pour être conduit en prison. Il fait examiner aussi la vache afin que soient confirmés les dires de Jean Vernet.

Les experts désignés sont deux vieux paysans : Pierre Mais, 73 ans et Michel Masson, 72 ans, laboureurs du village des Mures, à Saint-Bonnet-le-Courreau. La pauvre bête, du côté gauche, est criblée de plombs entre chair et cuir depuis la tête jusqu'aux cuisses. Leur rapport est net. Ces blessures ne peuvent provenir que d'un coup de fusil. L'arme pourtant n'était pas chargée à balle comme le prétend Vernet. Les blessures infligées ne permettent pas de savoir si la vache va guérir ou périr. Le père et l'oncle de Jean Rolland sont sommés de comparaître. Ils affirment que l'accusé n'est pas chez eux.

L'affaire est particulièrement grave. Un différend pour des questions d'intérêt à propos d'une dot a entraîné des menaces de mort et une tentative d'assassinat. Jean Rolland fut-il retrouvé ? Nous ne savons pas, malheureusement, la fin de cette histoire.

Pour conclure

La justice s'exerce assez rapidement, du moins pour la première phase, celle qui se déroule sur place. Aussitôt prévenu le juge prend les choses en main. Il n'hésite pas à se déplacer pour aller entendre un plaignant blessé. L'enquête paraît être faite avec sérieux : de nombreux témoins sont entendus, des experts nommés, des certificats produits. Évidemment ensuite, si l'affaire est sérieuse, elle s'en va à Montbrison. Et là, en ville, dans le petit monde des gens de justice, tout peut s'éterniser. D'ailleurs justice et police disposent de très faibles moyens (23).

Les mobiles, pour ce que nous en savons, nous paraissent souvent légers : des bêtes qui broutent l'herbe du voisin, une chandelle allumée trop tôt… Mais ils sont très certainement soutenus par des rivalités et une hostilité durable. Cette haine qui couve entre certaines familles de villageois transparaît particulièrement dans trois cas : la rixe de la Guillanche, l'attaque de la dame Rival à Saint-Bonnet-le-Courreau et surtout le guet-apens tendu à Jean Vernet sur le chemin de Montbrison à Courreau. Dans cette dernière affaire il y a une question d'intérêt liée à un projet matrimonial. Jean Vernet, de Saint-Bonnet, a obtenu que Jean Rolland père, de Fraisse, soit condamné par la justice à rembourser une dot. Son fils cherche à le venger de cet affront. Il tue d'abord son chien puis tente de l'assassiner. La préméditation est bien là.

Ces diverses affaires sont d'une gravité très inégale. Elles vont de la simple imprudence à l'intention délibérée de tuer. Pourtant dans la majorité des cas, il n'y a pas, semble-t-il, de préméditation. Il s'agit le plus souvent d'un brusque coup de colère provoquée fortuitement. Après de vives paroles, les protagonistes passent aux coups. Coups de poing, coups de pied puis utilisation de la première chose qui tombe sous la main pour servir d'arme. Une pierre est ramassée sur le chemin. L'outil est utilisé pour se battre : aiguillon, fléau, faucille. Au cabaret, cruche et chandelier entrent en action…

On se bat en famille. Le valet, la servante, l'apprenti volent au secours des maîtres. Les femmes participent activement. Le tempérament des montagnards foréziens était, semble-t-il, assez vif. L'alcool joue aussi son rôle. Les frères Carton ont bu toute la soirée chez l'hôte Chavanis. Balthazard Desmier sort du cabaret quand il agresse la dame Rival. Les armes véritables n'apparaissent qu'une fois si l'on excepte le cas du curé chasseur de Châtelneuf. Seul Jean Rolland fils utilise un fusil pour tendre une embuscade. Dans cette dernière affaire on s'approche d'ailleurs de la vendetta. Mais c'est un cas particulier.

Que peut-on penser de ces divers cas de violence ? Notre étude est limitée et, de plus, la justice n'intervient pas dans tous les cas. De nombreuses affaires sont traitées directement au sein du village. Les autorités sont laissées à l'écart, la communauté des habitants gérant souvent elle-même ses conflits par compromis. Il serait donc hasardeux de conclure. Disons cependant que les habitants des monts du Forez donnent plutôt l'image d'une population rustique qui vit dans de rudes conditions. Elle est habituellement paisible mais sujette, de temps à autre, à quelques fortes sautes d'humeur, c'est le moins qu'on puisse dire.


Joseph Barou

 

(1) Cf. l'ouvrage de l'abbé Jean Canard, Météorologie ancienne, imprimé par l'auteur, 1959 : "Cette année 1694 a esté une année de famine : le bled a valu six livres le bichet. Grande mortalité et grande guerre" (registres paroissiaux de Marcoux).

(2) Jean Canard : "L'hiver de l'année mil sept cent neuf fut si violent que la récolte pendante par racine gela… (registres paroissiaux de Chazelles-sur-Lyon", op. cit.

(3) En 1707, le froment vaut 1 livre 1 sol le bichet. Il passe à 2 livres 9 sols en 1709 (130 % d'augmentation) ; le seigle passe de 14 sols (en 1707) à 1 livre 18 sols (en 1708) soit une hausse de 170 %, Esvaluations de la grenette de Montbrison, relevé de 1699 à 1734, papiers de la famille Thevet, archives privées.

(4) Archives privées. Ce fonds comporte 521 pièces ou liasses de pièces.

(5) Information pour Étienne Gourbière, domestique de Jean Durand, laboureur du Bouchet, paroisse de Roche, contre Mathieu Chalas, fermier du domaine du Genétou, paroisse de Lérignieu, du 6 octobre 1694, signée Henrys, et Thevet, greffier ; fonds Thevet, archives privées.

(6) Joseph-Mathieu-Léonard, Henrys seigneur de Chavassieu puis d'Aubigny, époux de Marie-Anne Grandon, décédée le 18 mars 1728.

(7) Information pour Jeanne Vial contre Anthoine Archimbaud du 22 septembre 1695, signée Henrys, et Thevet, greffier ; fonds Thevet, archives privées.

(8) Information à la requête de Jean Chanal Néel, marchand du village de Loibe, Saint-Bonnet-le-Courreau contre Jean Arnaud de Trécisse, Saint-Bonnet-le-Coureau, du 3 octobre 1698, signée Henrys ; fonds Thevet, archives privées.

(9) Une brave : une jeune vache qui n'a pas encore vêlé.

(10) Esguillée : aiguillon pour conduire les bœufs.

(11) Volame : grande faucille utilisée pour la moisson.

(12) Escoussoux : fléau.

(13) Procédure à la requête de Mathieu Forestier contre Claude Dubruc, prêtre, curé de Châtelneuf ; châtellenie royale de Châtelneuf, 1699 (liasse) ; fonds Thevet, archives privées.

(14) Claude Dubruc nommé curé de Châtelneuf le 13 novembre 1697 succède à Jean Monginot qui avait été nommé le 20 août 1696. Il reste curé de la paroisse jusqu'à la nomination de Pierre Bartholin le 29 octobre 1703.

(15) Claude Dubruc, oncle, avait été nommé curé de Saint-Georges-en-Couzan le 8 août 1702.

(16) Pierre Forestier succède à Jean Démier en devenant curé de Saint-Bonnet-le-Courreau le 7 mars 1705. Il reste en fonction jusqu'au 18 février 1735.

(17) Antoine Jacquette, nommé curé de Saint-Bonnet-le-Courreau le 15 novembre 1687 à comme successeur son vicaire, Pierre Forestier, nommé curé le 7 mars 1705.

(18) Plainte de Michel et Antoine Carton, laboureurs de Chavanne, Saint-Bonnet-le-Courreau contre Jean Chavanis, du 26 juillet 1706 ; fonds Thevet, archives privées.

(19) Information pour dame Françoise Valézy, veuve de Pierre Rival, écuyer, contre Balthazard Desmier, commissaire à terrier à Saint-Bonnet-le-Courreau du 4 août 1707 ; signé Antoine de la Valette, châtellenie royal de Châtelneuf ; fonds Thevet, archives privées.

(20) Nous pensons que Pierre Rival (né le 8 novembre 1641) pourrait être l'un des fils de Jacques Rival (né le 5 août 1607), seigneur de la Bruyère, la Tuilière, conseiller du roi, et de Jeanne Sourley.

(21) Bechu : sorte de pioche aux dents recourbées pour tirer le fumier.

(22) Information pour Jean Vernet, laboureur des Mures, paroisse de Saint-Bonnet-le-Courreau contre Jean Rolland de Fraisse, 1711 [liasse] ; fonds Thevet, archives privées.

(23) En 1720, dans la généralité de Lyon (Lyonnais-Forez-Beaujolais), la maréchaussée ne compte que 15 brigades de 15 hommes chacune.

(Communication à la Diana, novembre 2009, Bulletin, tome LXIX, p. 13-32, 2010)

Rixe de paysans



(détail d'un tableau de Bruegel l'Ancien)



Cours de la grenette de Montbrison (1699-1724) - fonds Thevet, archives de la Diana

 
conception : David Barou
textes et documentation : Joseph Barou
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   Mis à jour le 3 juillet 2010