Marthe Défrade (de
Châtelneuf) au
cours d'une veillée Patois Vivant
au Centre social de Montbrison
en avril 2004
Culture
du colza
Marthe
Défrade
(patois
de Châtelneuf)
enregistrée
au cours d'une
veillée du groupe Patois Vivant
dans les années 2000
au Centre social de Montbrison,
13, place Pasteur
pour écouter cliquer ci-dessous
(2 min 9 s)
Dans le temps, on semait du colza.
Alors les grosses maisons [les fermes], ils semaient de grandes
terres de colza et puis ils prenaient des gens pour les piocher.
Il fallait piocher, tous les printemps, il fallait piocher le colza.
C'était des Il y a des fois ils faisaient des "bouvérées"
[travail exceptionnel fait en équipe] ; ils étaient
cinq, six hommes. Alors mais [c'était] à qui
pouvait entraîner l'autre. Et puis après, il y avait
une maison, ils avaient tellement fait vite - enfin ils avaient
fini, ils s'étaient tellement entraînés - ils
avaient fini le travail. Mais le patron alla voir : Oh ! mais,
il dit, ceux qui ont fait ça, c'est le grand valet qui est
passé devant, il a dit, mais le travail est mal fait.
Et après qu'ils eurent mangé, il leur dit : Recommencez,
recommencez à piocher parce que ce que vous avez fait, c'est
pas fait que vaille. Alors ils recommencèrent de tout
piocher parce que le travail était mal fait.
Ils moissonnaient. Après, quand
ils moissonnaient le colza - c'était au mois de juin - c'était
propre, il n'y avait pas d'herbe. C'était plein de bouquets
bleus, aujourd'hui il n'y en a plus, des bouquets bleus. Et des
Une autre plante qu'on appelle la, la Ah non ! il y
avait le coquelicot [et]
la "niane" Aujourd'hui on ne sait même plus
ce que c'est la "niane", une jolie fleur rose. Elle était
bien jolie, la "niane", la nielle qu'ils l'appelaient
Mais la ravenelle, c'était maintenant
[c'est la saison],
là [en français].
Maintenant, en automne, c'était dans les raves. Mais, cette
année, qu'il a fait sec, c'est les choux gras (1).
Il y a des choux gras partout. Cette année, il y a beaucoup
de choux gras, cette année.
- La melloye(2)
? [interpellation d'un participant].
La "melloye", oui, c'était des
et le chiendent [grème].
Dans le temps, ils secouaient le [racines
du] chiendent pour mettre dans les toitures,
pour faire isolation quand il faisait un toit [couvert].
Alors, tout le monde secouait le chiendent pour mettre sur les planches,
et puis ils tuilaient par-dessus pour faire isolation.
Du chiendent, du chiendent
"Personne n'y connaît plus" [en
français] ce travail !
(1) Chénopode blanc.
(2) Melloye : selon L.-P. Gras, Carex et, plus généralement,
mauvaise herbe.