Champdieu
n'est pas une simple expression géographique. C'est un
bourg important dont les habitations sont groupées autour
d'une remarquable église romane flanquée de vieux
murs à créneaux, couronnée par deux clochers
et élevée, en partie, sur une crypte indiquée
aux visiteurs par cette inscription prétentieuse : "Entrée
du sépulcre" ; où je me souviens d'avoir
éprouvé dans mon enfance une peur horrible en
me trouvant brusquement, au tournant de l'escalier qui y conduit,
en face d'un vieux saint de bois dédoré dont le
bras tendu semblait prêt à empoigner le téméraire
assez osé pour venir troubler le calme et le silence
de l'espèce de cave dont on l'avait constitué
le gardien depuis des siècles.
Champdieu a une madone réputée miraculeuse et
particulièrement bienveillante pour les petits enfants.
Il a encore un hospice orné d'un portail monumental qui
sert d'asile à trois ou quatre vieillards infirmes et
qui est surmonté d'un clocher, ce qui en fait trois pour
la commune, dont deux sans cloches (et non deux cents cloches)
comme se plaisent à le dire aux étrangers les
loustics de l'endroit.
Je ne mentionne que pour mémoire trois épiciers,
deux boulangers, un boucher, une station de chemin de fer, quatre
cafés-cabarets et un bureau de tabac, ce complément
indispensable de la civilisation sous laquelle nous avons le
bonheur de vivre.
Enfin,
Champdieu est entouré de vignobles, d'arbres fruitiers
et surtout de cerisiers dont les fruits savoureux, impatiemment
attendus au retour de chaque printemps, font la joie de nos
enfants et l'ornement de nos desserts.
Ainsi
doté, il semble que ce bourg béni mérite
bien son nom, qu'il est vraiment par excellence le "champs
de Dieu"... (1)
Historiettes
foréziennes et vieux souvenirs , Librairie
Emile Faure, Montbrison, Imprimerie
E. Brassart, 1896.
(1)
Ce n'est pourtant pas l'étymologie du nom du village.
*
* *
Almanach
paroissial de Champdieu
année 1911
Les
premières pages de cette brochure
donnent la situation de la paroisse en 1910 :






L'auteur
de la notice historique signe L. L. ;
il s'agit très probablement du vicaire de la paroisse,
l'abbé Louis Levet.