1 - L'exemple de Lyon :
le renfermement des pauvres.
- L'hôpital général des pauvres renfermés
ou la Charité est créé par les notables de la ville
à l'imitation des établissements de Lyon. L'Hôpital
général de la Charité de Lyon, issu de l'Aumône
générale, fondé
après la grande disette de 1531 sert de modèle à
tous les hôpitaux généraux du royaume. Il s'inscrit
dans un mouvement général, le renfermement des pauvres,
considéré comme une catégorie sociale dangereuse
(vagabondage, mendicité, criminalité...).
- Il s'agit moins d'une démarche charitable que d'une action
de prévention (en nourrissant les
indigents et en les mettant au travail) et de répression
(arrestation des gens "sans feu ni lieu..." et des marginaux).
2 - Les motivations sont claires :
Selon les échevins, le projet ne peut qu'être
agréable à Dieu, favorable aux pauvres et avantageux au
général de la ville, puisque c'est pour oster la mandicité
et fénéantize et se redimer de l'importunité des
pauvres estrangiers...
Ils déclarent agir autant par charité
crestienne que pour se garentir de la surcharge et foulle des pauvres
des lieux circonvoisins, et mesmes des villes de Clermon et Lion, qui
ne sestant voullu enfermer auroient leur reffuge en cette ville...
3 - Les premiers pas
:
Plusieurs assemblées de ville se tiennent en 1658 et 1659 (participants
: 2 douzaines de Montbrisonnais : des échevins, les recteurs
de l'hôpital, des magistrats, avocats, des notaires, deux chirurgiens
et un apothicaire, des marchands...
Procédure suivie :
- Des contributions volontaires des officiers du bailliage (les gens
de justice) 300 livres par an et de l'Election (les services financiers)
150 livres.
- Le seigneur engagiste : 6 000 livres et des droits sur les bancs portatifs
du marché de Montbrison.
- Autorisation de l'archevêque de Lyon (Camille de Neuville).
- Enfin lettres patentes de
fondation données par le roi du 23 avril 1659.
4 - Du Bourgneuf au faubourg de la Croix.
Où s'installer ?
Au Bourgneuf : le
premier site
- Le Bourgneuf (aujourd'hui les Parrocels),
un quartier pauvre, est choisi, loin des rues où résident
les notables (rue de la Madeleine, Saint-Pierre, Grand-Rue (Martin-Bernard)...
- Les acquisitions foncières consistent en une douzaine de bâtisses
voisines les unes des autres situées au nord du couvent des Cordeliers
(la mairie actuelle) et appuyées contre le rempart avec
deux tours. Une maison est transformée en chapelle, une tour
abrite l'écurie de l'âne, une autre le four à pain...
Il y a des jardins dans les fossés de la ville...
- Malgré des réparations, l'hôpital
du Bourgneuf ne sera jamais vraiment pratique (on dirait fonctionnel
aujourd'hui). Avec les tours des remparts, les constructions irrégulières,
la chapelle, les cours et jardins, il forme un pittoresque petit village,
bien clos sur lui-même, à l'ombre du vénérable
couvent des Cordeliers. L'achat, en 1753, du petit
couvent de Sainte-Ursule, au faubourg de
la Croix, donne à la Charité plus d'espace et des
bâtiments conventuels infiniment mieux disposés.
A la Croix : acquisition du petit couvent de Sainte-Ursule
- Au milieu du 18e siècle, le deuxième couvent des Ursulines
de la ville est, faute de ressources suffisantes, réuni au Grand
couvent, une maison du même ordre établi sur
la colline (aujourd'hui collège Victor-de-Lapade).
- Les bâtiments et l'enclos du Petit
couvent, près de la porte de la Croix, mais hors des
remparts, sont mis en vente pour 14 000 livres (prix réduit ensuite
à 12 000 livres) en 1752.
- Les recteurs sont intéressés par cette offre car les
bâtiments de l'hôpital du Bourgneuf sont en ruine alors
qu'au contraire les batimens du second monastère
des Ursules semblent être construits exprès pour y loger
les pauvres... De plus il est bien situé, hors de
la ville.
- Quelques réparations hâtives sont faites et le transfert
les pauvres a lieu au faubourg de la Croix (actuelle maison de retraite)
en 1753.
Les bâtiments sont plusieurs fois remaniés et agrandis
autour du noyau central (l'ancien cloître du petit couvent).
- Une nouvelle chapelle est bâtie en 1807 (en pisé avec
un fronton triangulaire) ; malheureusement elle est détruite
en 1982 et remplacée par la salle
polyvalente Noël-Collard.
Administration et
ressources
de l'hôpital général
1 - Selon les règlements
de l'hôpital général de Lyon.
- L'hôpital général de Montbrison a été
fondé et géré comme l'hôpital
général de Lyon.
- Les premiers recteurs de la Charité
sont ceux de l'hôtel-Dieu mais le budget est séparé.
Ensuite il y a 12 recteurs ; ce conseil d'administration comprend, comme
pour l'hôpital : deux chanoines de Notre-Dame, des procureurs
et avocats, des marchands, un médecin... Ils ont des fonctions
bénévoles et se réunissent
chaque dimanche "en bureau" :
- Le distributeur de pain,
- Le directeur des passants,
- Le directeur des pauvres honteux,
- Le directeur des troncs,
- Le directeur des adoptés,
- Le directeur des malades,
- Le directeur des habits,
- Le receveur ou trésorier de la
Charité a un rôle essentiel : il est responsable de la
gestion et en cas de difficultés doit être assez riche
pour avancer de l'argent à la Charité. Il reçoit
une indemnité annuelle (50 livres). C'est souvent un notaire
ou un marchand aisé.
- Rapports entre hôtel-Dieu Sainte-Anne
et la Charité :
il y a séparation de la gestion et partage des tâches :
l'hôtel-Dieu soigne les pauvres,
l'hôpital général enferme les
marginaux.
2 - Les ressources de la maison :
un financement aléatoire, des expédients
- Les donations : une multitude
de donations (biens immobiliers ou argent) de nobles et bourgeois mais
aussi de petites gens (artisans, vignerons, journaliers...).
- Les domaines constituent la première
source de revenus : citons-en quelques-uns
- Les Belles-Dents (à Savigneux),
- Le Rézinet (à Chambéon),
- Château, moulin et fonds de Vauberet à Montbrison,
- Des vignes, des jardins... des tours du rempart, de la vigne, des
fossés asséchés transformés en jardins...
- Les aumônes (30 % des recettes)
recueillies notamment au moment de funérailles de notables. La
Charité envoient des pauvres (parmi "les plus convenables"et
bien "accoutrés" en bleu) porter des cierges et prier
pour le défunt avec un bassin pour recevoir les offrandes.
- La grande misère de 1693-1694
(on ne recevra personne jusqu'à ce que le nombre de pauvres se
réduise à 20).
- La levée des boues en 1699-1700
: une expérience qui dure peu, le ramassage des ordures de la
ville avec un valet, un tombereau et une paire de vaches... Les boues
sont vendues au profit de la Charité.
La vie au jour le
jour
1 - Le personnel au service des pauvres
- L'aumônier est chargé des
offices religieux dans la chapelle de la maison et de catéchiser
les pauvres.
- Les dévotes servantes des pauvres
sont des filles issues du petit peuple. Sans être religieuses,
elles vivent d'une manière assez comparable en observant les
trois règles : célibat, pauvreté et obéissance.
Souvent elles entrent très jeunes et lèguent tous leurs
biens à la Charité demandant simplement qu'on les y héberge
jusqu'à la fin de leur vie (acte de "stabilité").
Elles sont 4 ou 5 sous la direction d'une "gouvernante des pauvres".
Une sur est qualifiée de maîtresse d'école.
- Les gardes de la Charité ou les
archers : 1 ou 2. Ils sont chargés
de faire la chasse aux mendiants dans la ville et de les arrêter
pour les conduire à la Charité. Ils ont une sorte d'uniforme
: justaucorps, bas, souliers, hallebarde... Souvent ce sont d'anciens
soldats... Leur tâche est difficile, les gens prennent parfois
le parti des vagabonds.
- Les chirurgiens attachés à
la Charité visitent les pauvres de temps en temps : Charles Collignon
dit Lasonde (un surnom qui en dit long), Pierre Louis Fray...
- Les surs Saint-Charles. Aux 18e
et 19e siècles, les religieuses Saint-Charles remplaceront les
dévotes servantes des pauvres.
Elles forment une communauté distincte des surs institutrices
à la Madeleine puisqu'elles ont leur propre supérieure.
En 1881, Elle s'appelle Etiennette Crozet. Il y a 7 autres religieuses,
assez âgées (la moyenne d'âge est de 58 ans). La
supérieure a 80 ans. Les religieuses s'occupent des vieillards
et de jeunes orphelines.
- En 1881, la Charité a 68 pensionnaires
âgés et 15 enfants ou adolescents âgés de
7 à 18 ans. La Charité a ainsi gardé en partie
sa vocation qui était de s'occuper des enfants abandonnés.
Le personnel laïque comprend 5 domestiques et deux jardiniers pour
cultiver le clos de Charité et, au besoin, prêter main-forte
aux surs. Ce sont les successeurs des archers.
2 - Vie quotidienne
:
Une discipline rigoureuse
:
- Avant 1789, une rude discipline maintient le bon ordre dans
une communauté d'environ 50 personnes : moitié hommes,
moitié femmes. Ils sont rigoureusement séparés.
Un portier ferme la maison chaque soir...
- Les manquements sont durement punis : carcan, fouet, cachot au pain
sec et à l'eau. Dans les cas les plus difficiles, au lieu d'être
enfermés les pauvres sont passés
dehors mais doivent rendre les souliers et la casaque que
la Charité leur a fournis.
- Le règlement intérieur de la maison tient du régime
carcéral et de la règle monastique.
- Le travail des pauvres est une préoccupation constante des
recteurs : aide à la marche de la maison, culture du jardin et
des vignes pour les valides, installation de métiers pour fabriquer
des rubans (pour les plus jeunes)... avec plus ou moins de succès.
Le pain et le vin de chaque jour
:
- La Charité fabrique elle-même son pain et tire
de ses domaines son bled
(son seigle), son vin, du lait, des oeufs, des légumes...
et achète parfois un peu de viande de boucherie. Elle se chauffe
avec son bois, achetant exceptionnellement du charbon de terre à
Saint-Etienne.
- Régime spartiate mais convenable. A l'abri de la misère,
le pauvre a une vie paisible et bien ordonnée dans une maison
qui ressemble assez à un couvent.

Cour intérieure de la
maison de retraite :
restes du cloître du petit couvent de Sainte-Ursule
Les fonctions de
la Charité :
du renfermement des
pauvres
à la maison de retraite d'aujourd'hui
1 - Qui sont les pauvres de la Charité ?
Selon le registre des entrées
concernant la période 1745-1792)
chaque année une quinzaine de pauvres entrent à la Charité.
Il s'agit surtout d'enfants trouvés
et d'orphelins (qui avant sept ans étaient
nourris par l'hôtel-Dieu) et de quelques adultes.
Les enfants
- Enfants abandonnés
Le nombre important d'enfants et d'adolescents justifie qu'il
y ait une sur "maîtresse d'école". Ces
enfants, que le règlement recommande de tondre pour éviter
la vermine, se trouvent mêlés à des vieillards,
des infirmes et des adultes, parfois anciens vagabonds, ce qui était
un sérieux inconvénient.
Près du quart d'entre eux meurt dans l'établissement,
une autre partie quitte la Charité sans la permission du bureau,
en "s'évadant" comme le précise le registre
;quelques-uns sont retirés par leur famille, enfin une petite
minorité est placée chez des paysans ou des artisans.
- Enfants du seigneur de Charlieu :
Fanny de Pennemard, veuve de Gilbert Henrys, écuyer et
seigneur de Charlieu, présente trois de ses enfants au bureau
de la Charité pour qu'ils y soient reçus
jusqu'aux prochaines fêtes de Noël afin d'être nourris
et eslevés à la crainte de Dieu et y apprendre à
lire. La dame de Charlieu verse pour cela 113 livres. Le
bureau accepte les trois enfants mineurs : Jeanne Henrys, dix-sept ans,
Jacques Henrys, neuf ans et demi, Gilbert Henrys, huit ans.
- Enfants désobéissants et libertins
:
fonction plus curieuse, la Charité sert de maison de redressement
pour les enfants obstinés. Ainsi le 18 novembre 1770, André
Desbruns, sculpteur de son état, demande au bureau de la Charité
d'emprisonner son fils Jean-Baptiste pendant quinze jours. Il sera nourri
au pain et à l'eau et battu une fois par jour par le garde durant
la première semaine. L'enfant manquoit
au respect qu'il luy devoit en luy faisant des menaces et luy avoit
fait plusieurs tours qui ne tenoient rien moins que du libertinage.
Il paie six sols par jour pour faire exécuter cette pénitence.
Les
adultes :
- Ce sont des vieillards, quelques impotents
et handicapés mentaux, des imbéciles
comme on dit alors sans que cela soit péjoratif.
- Le motif premier et général de la réception à
la Charité est, naturellement, l'indigence mais cette cause se
conjugue avec d'autres difficultés : carences familiales, infirmités,
vieillesse... Il y a très peu d'enfermements après arrestation.
- Presque tous sont des journaliers, vignerons, jardiniers ou des artisans
: charpentiers, cordonniers, tisserands, boulangers...
- En principe la Charité n'admet que les pauvres de la ville.
Sont encore exclus les incurables, estropiés,
gens affligés d'écrouelles ou d'humeurs froides
et ceux qui ont des maladies contagieuses.
- Après la Révolution le nombre des enfants abandonnés
grossit énormément (jusqu'à 70-80 par an pendant
la Restauration et la Monarchie de Juillet). On installe un tour (une
armoire ronde tournante dans le mur), au faubourg de la Croix pour les
recueillir plus facilement. Il fonctionne de 1830 à 1859.
D'autres fonctions :
- L'assistance aux pauvres externes
: La Charité donne des secours en argent aux pauvres externes
(les pauvres "honteux" sont secourus en secret).
- Les filles tombées en faute :
quelques cas de prostituées, filles
et veuves débauchées et étrangères qui ont
fait des enfants...
2 - La petite communauté de l'Ancien
Régime
- L'hôpital général sert aussi, déjà,
de "maison de retraite". Ainsi, après une vie au service
des malades, Estienne Chantelauze, ancien praticien de Montbrison, demande,
le 19 août 1764, à être reçu pour être
nourri, entretenu et blanchi comme les autres pauvres. Il abandonne
à la Charité la pension viagère annuelle de 80
livres que lui verse son frère, ne se réservant que 6
sols par semaine.
- Les pauvres renfermés de
Montbrison forment une communauté réduite. Le 26 décembre
1700, ils sont au nombre de 38, hommes et femmes, outre la gouvernante
et deux surs. Le 16 août 1711, ils ne sont que 34. Le 4
mars 1736, à la Charité se trouvent 45 pauvres : 25
hommes, 20 femmes, la sur gouvernante, la sur maîtresse
d'école, 3 servantes, 2 pour la maison et une pour avoir le soin
des 3 vaches qu'on a dans la maison pour en avoir le laitage, et 2 valets
pour les domaines les vignes et le jardin.
- On voit bien le caractère rural que revêt alors la maison.
Le mélange des générations et des sexes en faisait
une sorte de vaste maisonnée - de 40 à 50 personnes -
sous la houlette de la gouvernante des pauvres.
- Grâce au dévouement des surs et au zèle,
parfois tatillon, des administrateurs, la Charité est bien gérée.
La maison au budget modeste vit en autarcie avec ses domaines. Elle
est donc moins vulnérable en cas de crise économique.
- Les pauvres renfermés décemment nourris et hébergés
y ont une vie paisible mais austère, à l'abri de la misère
mais sans liberté personnelle. Sans doute la taille de l'établissement
permet-elle à certains habitués de se faire une vraie
place en participant notamment aux travaux de la maison. Cumulant de
multiples fonctions : orphelinat, hospice, maison de correction, bureau
de bienfaisance, pour ne citer que les principales, la Charité
a eu, en son temps, un rôle essentiel et a rendu, malgré
des imperfections évidentes, de grands services dans la lutte
contre la misère.
3 - Aujourd'hui
- La maison de retraite d'aujourd'hui a remplacé la Charité.
Au cours du 20e siècle et particulièrement à partir
des années 60, il y a eu de profondes transformations : modernisation
et "humanisation" de l'établissement, cependant les
lieux restent les mêmes.
- Les pensionnaires ne sont plus ni les pauvres
ni les renfermés mais des
personnes du "troisième" et du "quatrième
âge" (on n'ose plus dire "des vieux"). Les dévotes
servantes sont remplacées par un personnel compétent
et attentif, une animation existe... avec une certaine vie sociale pour
les pensionnaires. L'établissement est incorporé - et
c'est une riche idée - dans tout un ensemble ouvert : jardin
public, parc animalier, complexe sportif... où circulent des
gens de tous les âges.
Petits établissements
voisins
1 - Saint-Jean-des-Prés
:
Saint-Jean-des-Prés (établi à Montbrison
avant 1180 dans le faubourg du même nom) est une commanderie de
l'ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem.
C'est un établissement d'un genre particulier qui n'a pas, semble-t-il,
une grande fonction hospitalière même s'il y a, sans doute,
une infirmerie.
2 - Saint-Lazare : pour le service
des lépreux
Maladrerie fondée en 1148 par Guy II entre Moingt et Montbrison
(au niveau de la source la Romaine)
pour les malades de la maladie de lèpre.
Ce petit établissement avec un recteur reçoit une dizaine
de malades. En 1670, il est rattaché à l'hôtel-Dieu
de Montbrison. La chapelle Saint-Lazare est démolie en 1729 et
ses pierres sont réutilisées pour la réfection
de la chapelle Sainte-Anne.
3 - Saint-Antoine : calmer les douleurs
du mal des ardents.
En 1278, Guy VI fonde une commanderie de l'ordre de Saint-Antoine-de-Viennois
(en Isère) dans le faubourg de la Madeleine (une rue rappelle
son nom). Il s'agit de soigner les malades touchés par l'ergotisme
gangreneux causé par un parasite du seigle.
4 - Champdieu : un petit hôpital-hospice
qui a cinq siècles.
En 1500, Pierre de La Bâtie, prieur de Champdieu, fonde un hôpital
pour les pauvres de Champdieu et Essertines. Cet hôpital devenu
maison de retraite fonctionne encore aujourd'hui.
5 - Asile de Saint-Jean-de-Dieu dans
l'ancien prieuré de Savigneux qui ne survit pas à une
terrible épidémie de typhus en 1825.
Conclusion
Après cette évocation de la vie de la
Charité, nous pouvons faire une double constatation à
propos des hôpitaux montbrisonnais :
Il y a eu, tout à la fois, au cours des siècles :
De profondes mutations
- Locaux transformés, agrandis (Charité) ou déplacés
(hôtel-Dieu).
- Financements différents (on passe de la charité publique
au financement par la collectivité)
- Statut du personnel (spécialisation, laïcisation...)
- Fonctions : soigner et guérir plus que nourrir et héberger.
Cette évolution est normale : un hôpital n'est pas un monument
historique ; il s'adapte ou disparaît comme la maladrerie Saint-Lazare
et l'hôpital Saint-Antoine.
Une vraie et forte continuité, ce
sont
- Les mêmes lieux : Montbrison et toute sa région.
- Les mêmes missions mais élargies : au service de ceux
qui naissent (la maternité), qui souffrent (l'hôpital),
qui finissent leur vie (la maison de retraite)
avec
- Le même dévouement des personnels (des dévotes
servantes des pauvres
et des Augustines au personnel laïque
d'aujourd'hui).
Montbrison a vraiment une grande tradition hospitalière.
(Extrait de la causerie présentée
le 12 avril 2003 au "Printemps de l'histoire",
Centre Social de Montbrison : La tradition hospitalière à
Montbrison : Hôtel-Dieu et Charité)

Le faubourg de la Croix, un
quartier rénové